Agriculteur ou pêcheur, merci la vie !

Ordre des agronomes du QUébec

Un agriculteur se lève avec le soleil et se dirige vers ses vaches, ses poules, ses porcs son exploitation agroalimentaire pour y passer une journée de dur labeur. Il réparera la machinerie, entretiendra les bâtiments, fera son train, préparera la nourriture pour les animaux, ramassera les excréments laissés par tout son troupeau. Puis les yeux rougis par le soleil brûlant, il regarde pousser ses semences et s’inquiète telle une mère qui regarde sa progéniture courir et s’amuser. La terre est-elle trop sèche ou trop mouillée, les conditions sont-elles gagnantes ou y aura-t-il des problèmes ? Un cultivateur dort vite épuisé par la fatigue de la journée, mais il se réveille souvent à cause des coups de vent qui risquent de tout anéantir.

Le pêcheur, quant à lui, se lève également très tôt avec l’espoir d’une journée prolifique. Il prend son café sur les marches du chalet, regarde le huard qui se nourrit et son excitation devient extrême lorsque les camarades le rejoindront pour planifier la journée. Un bon déjeuner et la préparation des ingrédients pour le diner occupent les premières heures du jour. Il y a encore une rosée sur les sièges de l’embarcation et Gaston a le mandat de tout assécher avant le départ. Ils avaient prévu la journée, les réservoirs ont été remplis hier, les cannes s’entrechoquent et les consignes sont données. Quelle température fera-t-il? Quel leurre utiliser, ça c’est Léopold l’expert qui fait ses prédictions. Nos pêcheurs se sont couchés un peu éméchés, car la pêche c’est aussi la détente. La nuit a été trop courte et les aspirines se passent d’une main à l’autre.

Notre ami l’agriculteur regarde verdir ses champs, le pêcheur regarde les reflets de l’eau.

L’un enfourche sa machinerie pour améliorer ses récoltes, le pêcheur monte dans son embarcation et se lance dans une direction aléatoire.

L’agriculteur est un expert, mais il a aussi ses rêves de vacances, il sait que tôt ou tard durant la saison il profitera lui aussi de la  brise du matin sur un lac miroir. Il oubliera le temps du voyage ses bêtes, ses champs, son exploitation, car ses employés veillent au grain. Si ses champs lui manquent un peu, le premier poisson qui sera au bout de la ligne retiendra toute son attention et son énergie. Le blé, l’avoine ou le soya peut bien pousser, le bruit de l’eau sous la coque du bateau est plus calme que la moissonneuse. Il vit pour de courts instants, une sensation bien étrange entre devoir et détente.

Avez-vous déjà pensé au travail d’un producteur, aux risques qu’il court, aux efforts déployés, aux sacrifices d’une vie pour que des pêcheurs mettent sur leur table des produits du terroir qui accompagneront le poisson capturé et qui seront cuisinés. J’ai toujours eu tant de plaisir à contempler un lac au petit matin, mais depuis peu, je m’émerveille sur ces champs majestueux où des silos blancs percent l’horizon et pointent vers le ciel. Lorsque tout est en marche et que tout tourne rondement, nos agriculteurs profiteront de quelques escapades dans le but de refaire l’énergie dont ils ont besoin. Nos pêcheurs reprendront leur routine en rêvant au prochain voyage. Les agriculteurs reviendront sur leur terre, afin de pouvoir repartir lors d’un prochain répit, mais nos deux amants de la nature ne vivent que pour le grand air. Merci la vie !

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