Je ne lis jamais La Vie agricole

Un de mes anciens collègues que je considère comme intelligent m’a dit un jour qu’il ne lit jamais La Vie agricole. Je ne l’ai pas cru. J’ai cru plutôt me trouver en présence de quelqu’un qui manifestement n’avait pas ajusté son discours en ma présence. Un mois plus tard, il commente une de mes chroniques. 

Sale temps pour ceux qui s’éloignent de la pensée commune intégrale, sale temps pour ceux qui entretiennent des doutes parmi les fondamentalistes religieux aux États-Unis et sale temps pour La Vie agricole dont la religion est l’ouverture aux idées.

Aujourd’hui, on ne doute plus. Soyez de droite ou de gauche, n’importe, mais soyez radical, fermé et intolérant. Les États-Unis ont influencé la pensée mondiale et les attaques personnelles remplacent la tolérance et l’ouverture de plus en plus dans le monde. Des fois, je me surprends à penser que même notre laïcisme est peut-être un peu plus religieux que je ne l’aimerais.

Un jour, j’ai rencontré celui qui m’avait calomnié abondamment sur les réseaux sociaux et je lui ai exprimé authentiquement et un peu naïvement ma surprise devant sa grâce sociale (sous-entendu qu’il avait d’autres atouts que la méchanceté et pas les moindres). C’est alors qu’il me répond qu’il faut faire ce qu’il faut pour gagner sa cause. Eh bien non. Je ne crois pas qu’une cause est suffisamment juste pour attaquer les gens.

Lorsque j’ai initié une publication mensuelle d’affaires il y a plusieurs décennies, j’ai demandé des commentaires à mes lecteurs.  J’ai reçu plusieurs commentaires négatifs. Mon équipe et moi étions outrés. Après quelques jours, j’ai réalisé que ces gens souhaitaient notre réussite et même si ce n’était pas la vraie raison, ils nous avaient fourni gratuitement tous les éléments nécessaires pour réussir ce projet. La critique peut avoir ses avantages.

L’histoire singulière concernant l’Université d’Ottawa a donné lieu à un texte exceptionnel d’érudition et d’intelligence présenté dans un Français remarquable de Danny Laferrière (Une révolution invisible, 28 octobre 2020). La vie de ce texte dépassera de loin celle de son auteur. Ce qui prouve que même cette histoire abracadabrante peut générer un bien durable.

La Vie agricole joue un rôle fondamental pour l’UPA, le MAPAQ et tous les autres organismes du milieu. Son succès sera le vôtre.  Vous y trouverez constamment des idées qui dépassent le quotidien et le dogme agricole et portera à la réflexion, un peu comme l’ont fait les philosophes de la Grèce antique. D’ailleurs, se questionner et se remettre en question vaut cent fois ce qu’on obtiendrait de consultants. Tout dépend si vous savez  traduire ces pensées en actions qui vous seront profitables.

Ce ne sera jamais La Vie agricole qu’on traitera de Fake News (fausses nouvelles) car elle n’a rien ni personne à vous vendre et ses conseils sont gratuits. Non, ce journal ne vous flattera pas parce qu’il veut votre réussite et exige ce qu’il y a de mieux. Alors, pourquoi ne pas célébrer cette institution contrairement à mon ancien collègue qui se cache pour la lire parce que l’ouverture d’esprit est mal perçue ici et maintenant.

 

 

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