Les plans conjoints seraient remis en cause sur le terrain, c’est un sujet évoqué par le président de l’UPA, Martin Caron lors de l’assemblée générale des producteurs de porcs du Québec au Château Laurier la semaine passée.
Martin Caron, président de l’UPA, lors de son discours à l’assemblée générale des Éleveurs de porcs du Québec s’est inquiété lors de rencontres avec le monde forestier que la remise en cause du plan conjoint ait été à l’ordre du jour. «Retirer le droit au producteur au plan conjoint ça s’est discuté la semaine passée», a-t-il dit.
Un parallèle dans le secteur porcin à cause des actions de DUbreton
Pour Martin Caron, le plan conjoint est «un outil à ne pas lâcher».
« Dans le bois c’était pourtant le premier plan conjoint au Québec. Chez vous on en entend parler aussi. Il suffit de penser à ce qui circule par les viandes DUbreton entre autres choses», a-t-il spécifié.
Et il ajoute : «Pour moi la gestion de l’offre et le plan conjoint c’est pareil, il faut garder cela».
Craint-il que le tapis glisse ? Voit-il que les défis collectifs sont mis à mal depuis quelque temps dans le monde agricole au regard notamment des changements majeurs dans le monde coopératif?
Les ministres devront débourser
Martin Caron a ensuite fait un discours syndical certes, mais très concret, plus direct que ce que les anciens présidents du syndicat nous avaient habitué au fil des ans. Il a rappelé que pour avoir de la pérennité ça prend de la prospérité et qu’il compte bien le rappeler aux deux paliers de gouvernement.
Martin Caron a listé les défis qui attendent les producteurs dans un avenir incertain, il a rappelé qu’en termes d’aménagement du territoire il y a des enjeux soulignant même qu’en 2015 le remboursement des taxes agricoles représentait 139 millions de dollars et aujourd’hui 277 millions!
Il a rappelé que si les éoliennes passent sur les terres agricoles ça a un coût qu’il faudra actualiser. Sur la taxe carbone, il compte bien faire de la représentation pour obtenir des remboursements pour ses membres, c’est un coût de 12,5 cent de plus par litre que les autres provinces a-t-il rappelé tout en spécifiant que déjà la taxe provinciale au Québec est deux fois plus élevée que celle de l’Ontario.
Il s’attend à des aides fédérales pour aider au commerce international et des programmes provinciaux pour développer la nouvelle politique bioalimentaire. Il s’est soucié de la relève agricole et veut s’assurer que l’argent qui est là reste en agriculture. MM. Lamontagne et MacDonald attendez-vous à ouvrir vos portes-monnaies une fois de plus.
Entre autocongratulation et remise en question, deux ambiances dans une même salle
Les éleveurs de porcs se sont félicités de leur année 2024 que ce soit en termes de publicité ou de relationnel avec les députés des deux paliers de gouvernement.
Puis des questions ont été soulevées dans la salle. À l’encontre des élus des Éleveurs de porcs, les membres présents au micro en salle ont surtout mis en avant leur inquiétude notamment dans le développement d’un projet en TI, au regard ont-ils précisé, ”du fiasco de SAAQclic qui nous est offert en spectacle depuis des semaines”.
La nouvelle cotisation syndicale ne passe pas
Le président Caron a lui été par la suite confronté à une salle en désaccord avec la nouvelle taxation du membership de l’UPA.
Si pour Martin Caron c’est une question d’équité qui permet à 7000 petites fermes de payer moins cher chaque année sa cotisation syndicale, les éleveurs de porcs présents dans la salle ne semblaient pas du même avis.
Payer par tous les bouts
Mathieu Pilote a déclaré au micro : « On nous a vendu le projet comme quoi ceux qui n’avaient pas de plan conjoint payeraient leur part»
Au final Martin Caron s’est fait dire que ça représente pour certains producteurs plus de 33% d’augmentation. «C’est bien que les éleveurs de porcs se rapprochent de l’UPA, c’est tant mieux, mais il faudra aussi que l’UPA travaille avec les Éleveurs de porcs du Québec».
La contestation soulevée par plusieurs membres vient du fait que la cotisation sera dorénavant calculée sur le volume d’affaires alors comme ils disent «on paye deux fois, en lien avec le volume d’affaires et parce qu’on paye aussi pour le plan conjoint.»
Si le plan conjoint est un outil défendu par le président de l’UPA, est-ce possible que dans les fermes porcines comme dans le monde forestier, plusieurs finissent par trouver qu’ils payent par tous les bouts?