La députée Sylvie D’Amours juge que Mario Pelchat va trop loin

Suite à mon passage dans la vallée de l’Oka je souhaitais parler avec la députée caquiste en poste dans la région, Sophie D’Amours. Elle a accepté notre entrevue téléphonique le 30 juin dernier.

« Il y a des gens qui font de l’agrotourisme et d’autres qui vont trop loin», nous confie-t-elle d’emblée. «Mario c’était un ami, mais depuis la saga, il pense que j’aurais dit ou fait des choses, mais la CPTAQ fait juste son travail», précise-t-elle. «Pourtant j’ai débarqué au bureau du Premier ministre dès le premier problème de Mario Pelchat»

«Mario avait fait une demande accélérée que j’ai appuyée pour passer de 50 à 100 personnes pour sa salle et pour faire une résidence pour ses travailleurs mexicains», dit-elle.

Mais là, elle semble se désolidariser du chanteur et propriétaire du Domaine Pelchat-Lemaître-Auger au regard des nouveaux développements, car «la salle actuelle ne devait pas être aussi grande».

Aussi, nous souligne-t-elle, son chiffre d’affaires en lien avec les spectacles est plus élevé que le chiffre d’affaires en lien avec la vente des vins.

« Le gros des revenus ce sont les spectacles, les siens et toute une autre programmation, et les repas et le reste, le vin, une petite portion». Et la Loi est claire :« Tu ne peux pas faire indirectement ce que tu ne peux pas faire directement».

«Mario Pelchat va à l’encontre de la Loi»

Pour la députée D’Amours, « Oui, Mario Pelchat va à l’encontre de la Loi. Si on le laisse faire parce qu’il s’appelle Mario Pelchat, on va aller où ? Pourquoi une salle de 225 places quand tu as une autorisation pour 100? Et le chai, il est où?», dit-elle.

Elle ajoutera « Je connais l’évolution de chacun dans le secteur, certains faisaient de l’agrotourisme sans permis et le résultat aujourd’hui c’est un certain laisser-aller. Certes je pense qu’il y a eu un nouvel inspecteur qui a fait le ménage un peu plus, mais la CPTAQ (Commission de protection des terres agricoles du Québec) gère ça en collaboration et avec les avis de l’UPA. Et si ça ne fait plus l’affaire c’est la loi qu’il faut changer : la CPTAQ c’est un tribunal qui fait son travail».

Selon la députée Sylvie D’Amours, d’autres intervenants du milieu sont plus conformes. Elle nous parle alors de Daniel Lalande, propriétaire des vignobles Rivière du Chêne et La Cantina. « Lui, il vient du monde des cabanes à sucre par ses parents, oui, il fait des évènements, mais c’est ponctuel».

«Nos terres et notre eau, notre richesse»

«Je ne change pas de discours, j’ai toujours dit qu’il était important de protéger les terres agricoles et l’eau du Québec. Nos terres et notre eau, c’est notre richesse mondiale qui sera bientôt aussi recherchée que l’or partout dans le monde», dit la députée.

«La zone verte tu ne dois jamais toucher à cela. Pour faire des spectacles dans les régions, il y a plein d’églises dans lesquelles on pourrait investir».

Et L’UPA dans tout ça?

Que pense-t-elle de la sortie de l’UPA sur le sujet  Pelchat ?

« Au Québec on dit : les gens ont le corps droit et les oreilles molles et je pense que l’UPA doit se manifester plus que ça! Je l’ai dit à Martin Caron, le président».

L’expression «Le corps droit et les oreilles molles» laisse entendre que les gens manquent parfois  d’assurance ou de volonté et la députée caquiste aimerait bien que le syndicat se manifeste un peu plus sur le dossier.

«Peut-être faudrait-il être plus sévère dans la couronne verte autour de Montréal et plus souple dans d’autres régions pour aider à l’économie des régions», ajoute-t-elle.

Que doit faire la CPTAQ?

Que fera selon elle la CPTAQ au cours de l’été? Stoppera-t-elle la programmation au Domaine Pelchat-Lemaître-Auger? «La CPTAQ n’aura pas le choix sinon si elle laisse aller …», glisse-t-elle sans finir sa phrase.

Un rôle pour Sylvie D’Amours dans le prochain gouvernement?

Alors que le premier ministre a annoncé un grand remaniement cet automne, et sachant que la députée D’Amours a toujours rêvé du poste de ministre de l’Agriculture, nous lui avons demandé si elle se représenterait aux prochaines élections en 2026 et si elle espérait faire partie du grand remaniement de septembre.

Sur la continuité en politique, elle devra en discuter avec sa famille comme elle le fait à chaque fois et sur le remaniement à venir elle dira : « C’est un grand défi pour M.Legault. Je n’aimerais pas être dans ses souliers. J’espère qu’il écoutera ses députés, mais le remaniement c’est le choix du Premier ministre et sa prérogative. Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais j’espère qu’il ne brassera pas juste les cartes, mais le paquet!», conclut-elle.

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