On le sait L’Union des producteurs agricoles (UPA) parle depuis quelques temps d’adapter son régime de cotisation «pour une plus grande équité». Ainsi les producteurs les plus importants pourraient être amenés à payer davantage, tandis que les plus petits pourraient bénéficier d’une réduction.
Cette réforme est présentée par l’UPA comme «réclamée depuis longtemps par les producteurs».
Si la version officielle dit que cela vise «à mieux tenir compte de la capacité contributive de chaque entreprise agricole», les membres des Céréaliers du Québec estiment plutôt qu’il s’agit là de « racketter davantage les producteurs productifs».
Certains producteurs dont certains détiennent pourtant des postes exécutifs au sein du syndicat de l’UPA estiment que les méthodes employées par leur organisation «ne sont pas saines».
« L’UPA essaye de faire passer cette réforme en cachette. Le syndicat dit même à ses membres en autorité de ne pas trop en parler dans le champ. C’est comme s’il ne fallait pas éveiller le lion qui dort», nous confie un producteur lui-même sur un board régional de l’UPA.
Pour l’UPA ces nouvelles cotisations sont justes, car elles tiennent compte de la taille de l’entreprise, mais pour certaines grosses entreprises agricoles, elles déplorent qu’on tienne compte du revenu brut de l’entreprise. « On peut être gros et avoir de grosses dépenses pour produire. Leur calcul ne tient pas la route», de nous confier Danny Messier, président des Céréaliers du Québec.
L’UPA, estime qu’elle est en train de revoir son système de cotisation «pour le rendre plus juste, en fonction de la taille des exploitations agricoles».
Mais si l’UPA vise un allègement de cotisation pour les plus petits producteurs, nombreux sont ceux qui voient là une tactique supplémentaire pour « engraisser la machine de Longueuil», disent Les Céréaliers du Québec.