Un accès difficile aux vétérinaires?«Des réalités exacerbées par des réalités particulières», répond l’OMVQ

En lien avec les questionnements des propriétaires de chevaux en termes d’accès à des vétérinaires et au regard de la situation au Nouveau-Brunswick, La Vie agricole a posé quelques questions à l’OMVQ ( Ordre des médecins vétérinaires du Québec)

La Vie agricole : Y a-t-il comme au Nouveau-Brunswick, une anxiété naissante chez les propriétaires de chevaux au Québec en lien avec une difficulté d’accéder à des services vétérinaires pour leurs animaux?

OMVQ : «La problématique d’accessibilité aux services vétérinaires n’est pas nouvelle au Québec. L’Ordre constate depuis les dernières années qu’il est devenu de plus en plus difficile d’accéder aux services d’un médecin vétérinaire au Québec. Autrefois observée dans les régions éloignées, cette problématique s’étend maintenant aux quatre coins de la province, incluant les grands centres, et touche l’ensemble des domaines de pratique. C’est d’ailleurs pourquoi dès 2019, l’accessibilité aux services vétérinaires a été identifiée comme un enjeu prioritaire de la planification stratégique de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec et le demeure à ce jour.

De par son mandat de protection du public, l’Ordre est souvent sollicité par des propriétaires d’animaux du Québec qui peinent à trouver des services vétérinaires pour leur animal. Ils sont en quête de solutions et l’Ordre échange avec eux pour leur donner des pistes et indiquer les actions qu’il met en place pour pallier la pénurie de médecins vétérinaires.

L’Ordre est donc exposé aux inquiétudes des membres du public qui, malgré leur volonté, n’arrivent pas toujours à répondre adéquatement aux besoins de leurs chevaux. Dans le domaine équin, ces difficultés sont exacerbées par des réalités particulières : la prévalence de pratiques en solo, le coût élevé des équipements spécialisés, ainsi que l’étendue des territoires à couvrir, ce qui entraîne un pourcentage plus élevé de vétérinaires se réorientant vers d’autres types de pratique que dans d’autres secteurs. L’Association des vétérinaires équins du Québec pourrait fournir de l’information complémentaire à ce sujet et vous parler de la réalité terrain observée par les vétérinaires équins.»

La Vie agricole : Les formations offertes pour les vétérinaires pour chevaux est-elle selon vous adéquate aux besoins actuels de propriétaires de chevaux?

OMVQ : «Oui. Les futurs médecins vétérinaires comptent sur une formation solide à la Faculté de médecine vétérinaire (FMV) de l’Université de Montréal. Le corps professoral et les chercheurs proviennent du monde entier et couvrent des domaines d’expertise liés à la santé et au bien-être des animaux, ainsi qu’à l’avancement des connaissances dans les domaines des biotechnologies, de l’agroalimentaire et de la santé publique. Le cursus de formation de pointe offert à la FMV est ainsi reconnu internationalement et jouit d’un rayonnement favorable au sein de la profession vétérinaire quant à la qualité de l’enseignement.

Au fil de leur carrière, les médecins vétérinaires doivent aussi rencontrer des obligations de formation continue afin de maintenir et de développer leurs compétences et connaissances liées à leur domaine de pratique. Ceci est requis pour s’assurer d’exercer selon les normes de pratiques reconnues et en conformité avec les données actuelles de la science médicale. C’est essentiel pour assurer la protection du public et prioriser l’intérêt des patients.

Entré en vigueur le 1er avril 2024, le nouveau Règlement sur la formation obligatoire des médecins vétérinaires de l’Ordre vient encadrer davantage les obligations de formation des médecins vétérinaires. Il détaille notamment les critères d’admissibilité des activités de formation continue, s’assurant, entre autres, que les dispensateurs soient des établissements d’enseignement ou des instances reconnus dans la communauté vétérinaire ou le système professionnel. Ceci assure la qualité des formations suivies par les médecins vétérinaires au cours de leur carrière. »

La Vie agricole : La répartition géographique des vétérinaires est-elle équitable ou cause-t-elle certaines problématiques?

OMVQ : «Bien que la problématique d’accessibilité aux services vétérinaires soit étendue à l’ensemble du Québec, certains régions et domaines de pratique, dont les équins, ressentent davantage les effets de la pénurie de médecins vétérinaires.

Afin d’aider l’Ordre à mieux identifier les points de vigilance, un tout premier portrait démographique de la profession vétérinaire, produit par Leger, en date du 14 décembre 2023, a été diffusé le 11 novembre 2024.

Le projet s’inscrit dans les actions du Comité de travail sur la relève, le maintien et l’accès des services vétérinaires, un comité qui réunit le MAPAQ, l’Ordre, plusieurs associations vétérinaires et des représentants du public. Publié annuellement, ce rapport permettra de mieux suivre les besoins et les ressources vétérinaires au Québec, dont pour le domaine des équins.

L’objectif du portrait est de comparer la situation d’une région d’une année à l’autre afin d’être en mesure d’identifier les défis et les besoins de la région pour planifier des actions concrètes pour améliorer l’accessibilité aux services vétérinaires. Voici le rapport : https://www.omvq.qc.ca/DATA/DOCUMENT/725_fr~v~portrait-demographique-de-la-profession-veterinaire-au-quebec.pdf Vous trouverez en pages 38 et 39 les données pour le secteur des équins. »

La Vie agricole : Quelles sont les raisons qui justifient de nouvelles règles de vaccination pour le monde équin ?

OMVQ : «Nous vous invitons à consulter Cheval Québec et l’Association des vétérinaires équins du Québec pour plus d’information à ce sujet. Pour notre part, nous demandons aux médecins vétérinaires de respecter les normes de pratique reconnues. »

La Vie agricole : Quel rôle peut jouer l’OMVQ pour informer le public et les propriétaires de chevaux ?

OMVQ : «L’Ordre joue un rôle sociétal important, soit celui de sensibiliser et d’éduquer la population en lien avec les questions qui touchent le monde vétérinaire. Le site Web de l’Ordre et sa page Facebook sont des outils privilégiés pour informer le grand public. C’est d’ailleurs à partir de ces outils, notamment, que les propriétaires d’animaux peuvent suivre l’évolution des actions de l’Ordre qui permettent d’améliorer l’accessibilité aux services vétérinaires pour tous les propriétaires d’animaux, aux quatre coins du Québec. L’Ordre demeure à l’affut des occasions de communication avec le public et réfléchit constamment aux meilleures façons de l’informer. »

 

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