Pour Marin Caron, président de l’Union des producteurs agricoles, les conditions gagnantes ne sont pas réunies avec l’annonce du ministre Lamontagne lors de sa présentation de la politique bioalimentaire 2025-2035 vendredi dernier à Saint-Charles-sur- Richelieu. De son côté Vincent Breton, président du groupe Breton, estime que l’UPA est elle-même un frein à l’innovation alors que le ministre Lamontagne et le premier ministre Legault semblent satisfaits quant à eux de cette politique annoncée pour la prochaine décennie!
« Plusieurs des recommandations du milieu agricole ont été retenues dans la Politique bioalimentaire 2025-2035, incluant une préoccupation prépondérante pour la compétitivité des entreprises, leur potentiel ainsi que leur adaptation continue aux nouvelles réalités économiques et climatiques. Les conditions gagnantes ne sont toutefois pas réunies en matière de financement compte tenu de l’ampleur des défis et des enjeux », a déclaré le président général de l’UPA, Martin Caron.
L’UPA rappelle que la réponse du gouvernement québécois à «l’importante mobilisation des productrices et producteurs, en juin 2024», a pris la forme de diverses mesures totalisant 233,8 M$. Le milieu agricole a indiqué très clairement, à ce moment et depuis ce temps, que ces mesures marquaient une avancée positive, mais que le travail n’était pas terminé.
« L’effondrement du revenu net ces dernières années, jumelé à une dette agricole sans précédent (32 G$ en 2024), nuit terriblement à la pérennité du secteur ainsi qu’aux transferts à la prochaine génération. Les gouvernements à travers le monde consacrent en moyenne 2 % de leurs dépenses à leur agriculture. Le gouvernement du Québec doit en prendre acte et bonifier de beaucoup son financement, lui qui ne dépasse toujours pas 1 % », a conclu Martin Caron.
Vincent Breton, un acteur important dans la chaîne agroalimentaire a tweeté « Pour miser sur l’innovation, si vous êtes sérieux, vous devrez déréglementer. Les libertés individuelles et le marché libre sont indissociables de l’innovation! (…) Nos systèmes agricoles dignes de l’ère soviétique sont désuets et promoteurs de pauvreté», en réponse à un tweet du premier ministre François Legault qui écrivait quant à lui, «Avec notre nouvelle Politique bioalimentaire, on veut produire plus d’aliments ici, protéger nos terres et miser sur l’innovation. On se donne les moyens pour renforcer notre autonomie alimentaire et bâtir un secteur durable pour les prochaines générations».
Le ministre Lamontagne lors du dévoilement de sa nouvelle politique a axé sur trois angles considérés comme les trois grandes ambitions : Accroître l’autonomie alimentaire du Québec; Développer un secteur prospère et durable; Accélérer l’innovation dans le secteur bioalimentaire.
Le ministre Lamontagne a alors déclaré : «« Je suis fier de dévoiler la Politique bioalimentaire 2025-2035, dont la force première est de porter la voix de l’ensemble du secteur. Nourrir nos ambitions, c’est nous doter d’une boussole qui fédère et mobilise pour accroître l’autonomie alimentaire du Québec».