Comme l’a écrit Radio-Canada : « Les conservateurs ont mieux fait que le PQ dans la MRC de L’Érable», et pourtant Éric Duhaime a perdu ses élections en août dernier dans Arthabaska-L’Érable. C’est simple à comprendre, le chef du Parti Conservateur du Québec (PCQ) a ses appuis dans la MRC de l’Érable plus rurale et le chef du Parti Québécois (PQ) a fait le plein à Victoriaville dans la MRC d’Arthabaska en milieu urbain.
La victoire d’Alex Boissonneault, du Parti Québécois, est «très largement attribuable au vote de Victoriaville, alors que le Parti Conservateur du Québec, de manière générale, a devancé son adversaire dans la MRC de L’Érable». Et c’est encore une fois Radio-Canada qui le dit!
Effectivement Éric Duhaime a récolté plus de 50 % des suffrages exprimés en milieu rural lors de l’élection dans Arthabaska-L’Érable. Mais la population de cette MRC est concentrée en grande partie dans la zone urbaine de Victoriaville : 57 % des électeurs de la circonscription habitent en ville alors mathématiquement le vote urbain a primé. À Victoriaville plus d’un électeur sur deux (50,39 %) a voté pour le PQ le jour du vote, alors que, dans 12 des 15 autres municipalités de la circonscription, c’est le PCQ qui a terminé en avance.
Le jour de l’élection, le PQ a gagné en milieu urbain : 48 % du vote contre 34,35 % pour le PCQ mais dans le monde rural c’est plus d’un électeur sur deux qui a voté pour Éric Duhaime : 50,02 % du vote contre 37,75 % pour le candidat péquiste.
Le constat est clair: La stratégie d’Éric Duhaime parle au monde des régions. Le slogan « Mon char, mon choix» parle à du monde qui n’a pas le privilège du transport en commun ou des pistes cyclables, nouvel eldorado des urbains.
On est face à deux mondes
On est bien face à deux mondes qui se regardent en chiens de faïence et qui se demandent comment trouver un avenir commun! Le vote des régions acquis au Parti Québécois par tradition se ferait-il damer le pion par le Parti Conservateur du Québec? Il est vrai que d’autres ont tenté de séduire les régions au fil des décennies : La CAQ en a fait son principal cheval de bataille en 2017 mais le constat est catastrophique si l’on écoute ce qui se dit sur le terrain et notamment auprès du monde agricole qui a «décroché solide» du train caquiste.
Le Parti libéral du Québec a lui aussi tenté une approche constructive avec sa chartre des régions lorsque Dominique Anglade était cheffe mais il semble que la chartre a coulé avec l’ex-cheffe.
Le monde rural serait-il à la recherche de son prochain espoir?