André Lamontagne en mode retrait : Qui à sa place?

Le remaniement promis par François Legault est imminent et va survenir cette semaine. D’ores et déjà il semble que le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, ne fera pas partie de la nouvelle mouture. Ne se représentant pas aux prochaines élections, il quitterait le conseil des ministres d’un commun accord avec le Premier ministre. C’est en tout cas un message qui est une façon de soigner la sortie pour les deux parties.

Il semble que cela soit acté depuis cet été. On comprend mieux pourquoi le ministre Lamontagne a disparu des radars ces derniers mois. Le ministre Lamontagne qui voyait le rapport Pronovost comme « son étoile du Nord» a créé beaucoup d’espoir à son arrivée, mais la chimie avec le monde agricole n’est pas survenue au fil des années. L’Union paysanne qui le vénérait à son arrivée a depuis disparu de l’équation, Les Céréaliers du Québec, qu’il a soutenu un temps pour promouvoir le blé du Québec, ne sont plus une force présente dans le jeu politique. L’UPA qu’il a câlinée dès la deuxième année de son mandat disait de lui en août dernier dans La Terre de chez nous par la voix de Charles-Félix Ross, leur directeur général : « Le ministre Lamontagne a failli à la tâche (…) Il fanfaronne (…) Alors si j’étais lui, je ne me vanterais pas de mes résultats et je retournerais faire mes devoirs».

Pour un ministre qui espérait battre le record de longévité de Jean Garon, qui lui est resté 9 ans à l’agriculture, c’est raté. Et pour marquer les mémoires comme Garon l’a fait c’est doublement raté. Le ministre Lamontagne restera dans l’esprit des agriculteurs comme un bon allié du statu quo et un bon navigateur dans les tumultes de la force syndicale qui prévaut au Québec.

Si on devait le comparer à un autre ministre, ce serait probablement Laurent Lessard qui a occupé le siège de pilote du MAPAQ environ 5 à 6 ans en trois fois et qui n’aura lui non plus pas laissé de marque indélébile.

Si son départ peut être perçu comme un appui à François Legault pour lui permettre de faire entrer de nouveaux joueurs au conseil des ministres et dynamiser un gouvernement qui a perdu totalement l’appui des régions, c’est peut-être aussi la preuve qu’après 7 ans à la tête d’un ministère dont le rôle est majeur en région, le ministre Lamontagne a compris que le gouvernail est plus dur à chaviré qu’il ne le pensât.

Qui sera alors à l’Agriculture? Certains espèrent dans les champs, Sylvie D’Amours, député de Mirabel, pour son franc-parler légendaire.  Cet été dans le dossier de «L’affaire Pelchat», elle n’a pas hésité à dire que « Mario Pelchat va trop loin et qu’il va à l’encontre de la Loi», comme pour bien marquer son soutien au monde agricole et à la protection du territoire agricole.

Elle marquait déjà sa détermination en 2018 auprès de notre média lorsqu’elle était la porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’agriculture, de pêcheries et d’alimentation et qu’elle clamait sa liberté d’action : « Je ne représente ni l’UPA, ni Pangea», disait-elle alors.

Elle nous confiait aussi en 2017 que si elle devenait ministre de l’Agriculture : «Il est clair qu’une demande serait faite à l’UPA d’intégrer tous les courants d’idées du monde agricole en revenant à une pratique perdue: l’écoute de la base.»

Le nom qui circule le plus toutefois est celui de Donald Martel, député de Nicolet-Bécancour, qui est lui aussi très averti dans son discours sur l’importance de l’économie des régions. Il confiait à La Vie agricole en mai dernier qu’il était conscient que le secteur des chevaux de course a un potentiel économique important dans le dossier de l’hippodrome de Trois-Rivières. Donald Martel disait aussi à La Vie agricole en 2013: « Un examen de la démocratie à l’intérieur de l’UPA s’impose».

Reste à savoir si François Legault veut à la tête du MAPAQ un ou une ministre qui a « du front tout autour de la tête» ou des « Yes Man».

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