En France où les terres agricoles sont les propriétés d’agriculteurs, mais aussi de vieilles familles qui louent leurs terres à des producteurs, il peut arriver qu’un notaire vous appelle pour vous apprendre que votre oncle ou votre tante vous fasse hériter de quelques hectares sans que vous ne l’ayez su avant son décès. Les testaments et la généalogie réservent parfois quelques surprises. Des médias outre-Atlantique faisaient état de personnes qui héritent sans le savoir de terrains agricoles et qui reçoivent alors des courriers inattendus de leur notaire, parfois pour des parcelles non recensées depuis des décennies. Pour certains c’est parce que leurs aïeux étaient des taiseux, pour d’autres et c’est le cas de ma famille c’est la magie de la généalogie qui opère.
Un héritage inattendu n’arrive pas que dans les films, c’est le cas révélé par un jeune informaticien interrogé par un média français qui s’étonne de sa nouvelle responsabilité qui lui tombe dessus alors que sa tante lui a transmis des terres agricoles en Bretagne, lui l’urbain. Pour ceux qui envisagent de les conserver, ils doivent se familiariser avec les aspects légaux et pratiques de la gestion agricole. Des experts sont accessibles dans de tels cas pour déterminer quel type d’agriculture le nouvel héritier veut implanter et pour comprendre les méandres des divers programmes de gestion une fois passée l’étape déjà pas simple de la succession.
Pour d’autres comme pour moi, c’est la généalogie qui nous rattrape pour le meilleur. Pour ma part bien qu’éditeur d’un média agricole depuis 25 ans, je n’aurais jamais imaginé hériter de terres agricoles en France au regard de ma famille plutôt composée d’enseignants et d’entrepreneurs. Mais l’an passé un cabinet spécialisé en généalogie a contacté ma famille pour nous expliquer que ma mère et une quinzaine d’autres descendants allaient hériter d’une vingtaine d’hectares et d’une ferme en Normandie après avoir retracé des liens avec une cousine de 6e génération qui n’avait pas d’autres descendants.
La succession est nombreuse et les frais du cabinet spécialisé astronomique donc la gentille cousine Yvonne ne mettra personne très riche, mais l’exemple est intéressant au point où il permet de comprendre que des terres agricoles hier aux mains de familles rurales tomberont dans celles d’urbains peu enclins à comprendre les enjeux agricoles.
Une chance de notre côté les discussions autour de la succession semblent aboutir pour que ces terres retournent dans des mains d’agriculteurs afin que la terre continue de produire pour nous nourrir.
D’autres cas qui ressemblent plus au gain du loto 6/49!
Récemment sur un forum un jeune canadien de 18 ans écrivait : «J’ai 18 ans et je suis né et vis actuellement au Canada. J’ai récemment hérité de terres agricoles de mon grand-père en Inde (dans la région de la capitale nationale, à environ 50 km de New Delhi). Je recevrais environ 2 millions de dollars américains ( 3 millions de dollars canadiens) avant impôts si je les vendais maintenant. Les banques indiennes offrent également des taux d’intérêt très élevés, ce qui signifie que je gagnerais plus de 150 000 dollars par an grâce aux intérêts à vie. Mais mon père m’a déconseillé de vendre les terres, disant qu’elles prendraient beaucoup de valeur. Cependant, ma principale préoccupation est que je ne sais pas vraiment comment gérer les terres, ni quoi en faire. J’ai étudié quelques idées commerciales comme l’entreposage, les fermes solaires, etc., mais elles semblent toutes nécessiter beaucoup d’entretien de ma part (ce qui est évidemment difficile, car j’habite à des milliers de kilomètres). Ma famille a abandonné l’agriculture il y a de nombreuses générations (…)»
Et il ajoute : «Je me demande : devrais-je vendre les terres et prendre une avance de 2 millions de dollars dans la vie ? Je suis aisé et je n’ai pas vraiment besoin d’argent en ce moment. Mes parents sont raisonnablement riches et couvrent actuellement toutes mes dépenses, y compris les études postsecondaires. Mon autre option serait de conserver les terres et de les vendre éventuellement, tout en les utilisant peut-être d’une manière ou d’une autre pour percevoir des revenus. Des conseils ?»
Une chose est sûre, quoique décide ce jeune canadien, les terres agricoles en Inde lui assurent un avenir radieux! Et cela pose la question des héritages à venir dans les 10 prochaines années, que ce soit en termes immobilier ou agricole la richesse développée dans les pays occidentaux par les octogénaires est phénoménale et le Québec n’y échappe pas.
Les sommes d’argent et les biens légués lors des successions devraient largement augmenter dans les années à venir, notamment au Québec, en raison de facteurs démographiques et économiques. Cela est dû à la transmission de patrimoines importants par la génération du baby-boom, qui est plus nombreuse et a accumulé des richesses non négligeables.