Depuis quelque temps, comme bien de mes collègues, j’utilise l’intelligence artificielle (IA) pour trouver de l’information technique en agriculture, et c’est impressionnant. L’information est précise, pertinente et très rapide. Je dois dire que c’est à la fois révolutionnaire et inquiétant. Inquiétant, non pas pour la qualité de l’information que l’IA me fournit — elle s’est d’ailleurs montrée plus performante que l’intelligence humaine (IH) sur les sujets questionnés — mais inquiétant pour l’avenir de notre travail de conseiller, comme agronome ou technologue. De toute évidence, l’IA prendra de plus en plus de place en agriculture, et cela très, très rapidement.
Par curiosité, j’ai posé la question suivante à l’IA (Copilot) : Quels sont les usages de l’intelligence artificielle en agriculture ? Voici sa réponse:
L’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus utilisée en agriculture pour améliorer la productivité, la durabilité et la prise de décision. Voici les principales applications de l’IA en agriculture :
? 1. Surveillance des cultures et détection des maladies
- Vision par ordinateur : analyse d’images satellites ou de drones pour détecter les maladies, les carences nutritionnelles ou les infestations.
- Capteurs intelligents : surveillent l’état des plantes en temps réel (humidité, température, croissance).
? 2. Automatisation des machines agricoles
- Tracteurs autonomes : guidés par GPS et IA pour labourer, semer ou récolter sans intervention humaine.
- Robots agricoles : pour le désherbage, la récolte de fruits ou la plantation de semences avec précision.
?? 3. Prédiction météorologique et gestion des risques
- L’IA analyse les données climatiques pour anticiper les sécheresses, les inondations ou les périodes de gel, permettant une meilleure planification.
? 4. Irrigation intelligente
- Systèmes d’irrigation pilotés par IA qui ajustent automatiquement les quantités d’eau selon les besoins des plantes et les conditions du sol.
? 5. Analyse des données agricoles
- L’IA traite des volumes massifs de données (sol, météo, rendement, etc.) pour :
- Optimiser les rendements
- Réduire les coûts
- Choisir les meilleures variétés de semences
? 6. Gestion du bétail
- Surveillance de la santé des animaux via capteurs et caméras.
- Prédiction des cycles de reproduction ou des maladies.
? 7. Chaîne d’approvisionnement et prévisions de marché
- L’IA aide à prévoir la demande, optimiser la logistique et réduire les pertes post-récolte.
Pas mal comme réponse, avec une belle présentation en prime. Et je peux vous confirmer que cela existe déjà — peut-être pas à grande échelle, mais ce n’est que le début. Il est difficile d’imaginer jusqu’où cela nous mènera, surtout avec toutes les données que l’on peut recueillir sur une ferme.
Les ordres professionnels vont devoir se remettre en question
Autre question que je lui ai posée, une question intéressée : L’intelligence artificielle remplacera-t-elle le travail des agronomes ? Voici sa réponse : L’intelligence artificielle ne remplace pas les agronomes, mais elle transforme leur rôle en les aidant à prendre des décisions plus précises et rapides.
Le début de sa réponse est intéressant, avec un brin de politesse et d’empathie pour la profession, surtout lorsqu’elle précise sa réponse avec des exemples reléguant le travail d’un agronome à celui d’un travailleur social — ce qui, en passant, fait déjà partie de nos tâches.
Effectivement, l’intelligence artificielle va transformer nos rôles comme professionnels. Elle va aussi changer la façon dont nos clients feront appel à nos services. Il est clair que beaucoup de nos consultations seront remplacées par des conseils plus précis et plus rapides, fournis par l’IA sur un simple téléphone portable. Les ordres professionnels vont devoir sérieusement se remettre en question. La tentation du corporatisme sera très forte — non pas pour protéger le public, mais pour protéger des emplois. Dans le cas des professions liées à l’agriculture, il faudra bien définir les actes qui nécessitent une prescription faite par un professionnel (probablement avec l’aide de l’IA) et non par l’IA seule. L’IA va profondément modifier les notions de déontologie et d’actes réservés, si chères à certaines professions, et elle commence déjà à le faire à grande vitesse.