La vie politique a fini en queue de poisson en cette fin de 2025 avec des départs à la chaîne à la CAQ, que ce soit ceux de Maïté Blanchette Vézina, Lionel Carmant ou Christian Dubé, mais aussi la descente aux enfers de Pablo Rodriguez au PLQ, en supplice du goutte à goutte, ou le «potentiel» transfuge de Vincent Marissal de Québec solidaire au Parti Québécois. Concernant ce parti, même Paul Saint-Pierre Plamondon a été ébranlé dans les sondages suite à sa sortie contre les artistes infidèles à sa cause. Le seul gagnant actuel c’est Éric Duhaime qui selon le dernier sondage Léger et Léger dépasse les 15 %, Duhaime reste l’homme qui a fait passer en quelques années le parti conservateur du Québec, un parti quasi inconnu, à un parti en route pour représenter 1/5 de la population : cela dit quelque chose de notre société et de notre rapport à la politique. Cela prouve aussi une chose, la vie politique surtout à l’ère des réseaux sociaux et des enquêtes journalistiques de plus en plus approfondies, peut être bousculée en quelques jours.
Le parti québécois (PQ) reste dans le cœur des francophones comme le parti qui garantit l’avenir des Québécois «de souche» comme ils aiment dire, le parti qui a permis au Québec de modeler une révolution tranquille initiée dans les années 70 par le Parti libéral du Québec. Le PQ reste donc un parti aux fondements indéniables dans la société québécoise : reste à voir maintenant ce qu’il adviendra de lui lorsque l’idée d’une réelle séparation avec le Canada sera mise de l’avant plus concrètement et comment son chef actuellement dans les nuages dans les sondages saura rester un peu les pieds sur terre et ne pas s’enfermer dans sa vision identitaire qui diminue le Québec plutôt que de le grandir.
Le Parti libéral du Québec (PLQ) est le parti qui a une double image, celui de l’économie ce que Jean Charest a très bien vendu à la population pendant presque 10 ans, mais il traîne aussi un feeling nauséabond quant à son financement au regard des règles imposées au Québec. Il se doit de retrouver de l’intégrité avec son nouveau chef, un dialogue avec les francophones et une ouverture à l’immigration qui a été totalement malmenée par la CAQ ces derniers temps. Avec le retrait Karl Blackburn de la course à la nouvelle chefferie du PLQ, une autoroute s’ouvre pour Charles Milliard qui était arrivé deuxième à la dernière course: cela ouvre la porte à un couronnment de Charles Milliard par les instances du parti et permet possiblement au PLQ de se concentrer dès la rentrée sur un candidat jeune et en phase avec l’économie québécoise notamment en lien avec son rôle de PDG des Fédérations des chambres de commerce du Québec de 2019 à 2024.
Québec solidaire, parti d’extrême gauche qui a eu ses heures de gloire surtout du temps de Françoise David et d’Amir Khadir semble quelque peu aux soins palliatifs ces temps-ci assez loin des intérêts des Québécois du moins dans les régions du Québec à entendre les échanges que l’on peut avoir avec les agriculteurs.
De quelle politique rêve le monde agricole?
Le monde agricole au Québec rêve de plus de souplesse, de moins de normes, de moins de paperasserie, de plus d’autonomie régionale. Si les divers partis se sont tous dit au service des régions : le PQ c’est historique, le PLQ a même du temps de Dominique Anglade créé la charte des régions et la Coalition Avenir Québec a gagné ses premières élections sur la mise en valeur des régions dans l’économie québécoise.
Il faut bien le reconnaître, tous ont échoué à satisfaire le monde rural. Aujourd’hui, et cela depuis quelques années, le nom qui circule dans les champs est celui d’Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) que les élites montréalaises voient comme le «Javier Milei à la tronçonneuse» du Québec, mais que le terrain agricole voit comme le libérateur des normes excessives.
Nul doute que dans sa montée en puissance si elle advient, le PCQ décevra aussi, car il n’a jamais gouverné et devra ajuster certains de ses discours excessifs dits de « droite», mais perçus dans certains milieux « comme de gros bons sens».
Je ne sais s’il faut se réjouir du renversement de la table qui se dessine dans nos sociétés occidentales ou s’en inquiéter. La France est elle aussi prise avec des montées inquiétantes de la droite extrême, mais ce qu’on ne peut pas nier c’est que des électeurs y croient.
En France le Rassemblement national est devenu le premier parti de France avec 35 % d’appui dans l’hexagone et la crise actuelle du monde agricole qui se révolte contre la Commission européenne n’est pas étrangère à cette situation politique.