Santé Canada vient d’autoriser pour la consommation humaine et animale un porc génétiquement modifié (GM). Ce porc a été génétiquement modifié, via des techniques de l’édition du génome, pour résister au virus du syndrome dysgénésique et respiratoire du porc, au grand désespoir de Vigilance OGM.
«Après l’acceptation du premier animal GM, le saumon, en 2016, c’est donc le second animal GM approuvé par le Canada. Pour rappel, la compagnie Aquabounty qui produisait ce saumon a arrêté sa production et fermé toutes ses installations en 2024», rappelle Vigilance OGM dans un communiqué émis la semaine passée.
« C’est incroyable que le gouvernement accepte ce porc OGM sur nos BBQ et dans nos assiettes sans même faire des consultations auprès des producteurs et des consommateurs », s’indigne Thibault Rehn, coordonnateur de Vigilance OGM. « De plus, ces animaux OGM ne seront pas étiquetés puisque ce droit est toujours refusé aux consommateurs malgré leurs demandes répétées ».
Santé Canada avait accepté fin 2025 la consommation de viande clonée, sans étiquetage, mais avait vite fait finalement marche arrière après une levée de boucliers des consommateurs et des producteurs.
L’industrie s’inquiète
La compagnie québécoise duBreton, leader de la production porcine biologique en Amérique du Nord indiquait dans son communiqué de presse : « que la transparence, la confiance du public et la stabilité du marché doivent demeurer centrales dans les décisions liées aux politiques alimentaires, particulièrement alors que de nouvelles technologies continuent d’émerger ».
Pour Vigilance OGM, les portes des marchés exportateurs pourraient se fermer puisque très peu de pays acceptent cet animal GM et cela nuirait aussi à l’image du système agricole canadien.
« Le Canada continue de se tirer une balle dans le pied : d’un côté ils veulent diversifier leurs marché en pleine guerre commerciale, et de l’autre il autorise des produits interdits chez les nouveaux partenaires potentiels. Cela ne fait aucun sens », souligne M. Rehn.
Côté gouvernement, on inciterait à ce que les entrepreneurs prennent en charge l’information auprès des consommateurs: « L’Agence canadienne d’inspection des aliments comprend que certains consommateurs souhaitent obtenir cette information. À cet égard, l’Agence incite les entreprises alimentaires à aider les consommateurs à prendre des décisions d’achat éclairées grâce à l’étiquetage volontaire. »