Moins de recherche: déception d’institutions dans le monde porcin

Le Conseil canadien du porc (CCP) et Swine Innovation Porc se disent déçus par les récentes décisions fédérales touchant les installations de recherche et la capacité scientifique d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), notamment les centres de Guelph, de Québec et de Lacombe, ainsi que la ferme de recherche de Nappan d’AAC en Nouvelle-Écosse.  La rigueur budgétaire est une réalité. Toutefois, la réduction de la capacité fédérale en recherche sur l’élevage constitue une coupure dans des investissements essentiels et comporte des risques à long terme pour les éleveurs, le système agroalimentaire ainsi que pour la crédibilité du Canada en matière de prise de décisions fondées sur la science et de sécurité alimentaire.  «Le Conseil canadien du porc représente plus de 7 000 fermes porcines. Ensemble, ils contribuent à hauteur de plus de 8 milliards de dollars à l’économie canadienne, les exportations de porc dépassant 5 milliards de dollars. Les investissements de l’industrie et des gouvernements en recherche et en innovation soutiennent la santé animale, la préparation aux maladies, l’intendance des antimicrobiens, la performance environnementale et la productivité.», précise le communiqué. Du côté de Swine Innovation Porc on rappeller qu’on y coordonne «des investissements nationaux en recherche dirigés par les éleveurs, qui reposent sur les installations fédérales pour générer des retombées d’intérêt public. Ces retombées nécessitent une expertise indépendante, des infrastructures à long terme et une coordination à l’échelle nationale.» Plusieurs projets appuyés par Swine Innovation Porc ont été réalisés dans des installations d’AAC ou sont actuellement dirigés à partir de celles-ci, alors que ces installations font face à des fermetures ou à des réductions de financement. C’est notamment le cas du projet en cours du Cluster porcin 4 sur la qualité du porc, dirigé par AAC à Lacombe. Ce projet porte sur les caractéristiques génétiques et de carcasse de la poitrine de porc, aujourd’hui l’une des coupes les plus valorisées. «Cette recherche repose sur les infrastructures et l’expertise fédérales pour produire des données à grande échelle sur les carcasses et la génétique, afin de soutenir une sélection génétique équilibrée, d’améliorer la qualité du porc et de renforcer la compétitivité du Canada sur les marchés nationaux et internationaux», de désolent les deux organisations. Le communiqué émis le 6 février dernier déclarait: «Une fois perdue, la capacité spécialisée en recherche sur l’élevage ne peut être reconstituée rapidement. La réduction de cette capacité soulève des préoccupations quant à la capacité du Canada à maintenir une recherche coordonnée et fondée sur la science, qui appuie l’accès aux marchés, la création de valeur tout au long de la chaîne d’approvisionnement et la confiance du public à l’égard de la production alimentaire canadienne.» 

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