Alors que le traité de libre-échange avec les pays du Mercosur suscite de nombreuses craintes notamment en France qui s’est opposée à la signature apposée par l’Europe, il ouvre pourtant des opportunités pour certains agriculteurs de l’hexagone : les gagnants sont les viticulteurs et les producteurs de lait. Ici au Canada les démarches de Mark Carney avec la Chine redonne aussi un air d’aller au libre-échange.
Certains médias français faisaient état de la joie de viticulteurs qui voient la possibilité d’exporter par pleins cargos des milliers de bouteilles de vin français. Avec le Mercosur, le vin français pourrait devenir plus compétitif. Si on enlève les droits de droits de douane, c’est une aubaine pour le développement de marché de certains secteurs agricoles surtout face à un marché morose et en crise en France.
La filière laitière gagnante
La filière laitière va quant à elle voir ses droits de douane passer de 28 % à 0 %. On évalue ainsi près de 30 000 tonnes de fromage et 10 000 tonnes de poudre de lait qui seraient exonérées de taxes chaque année.
Un steak de 220 grammes par Européen et par an!
Ce que fait craindre cet accord, c’est l’arrivée de 99 000 tonnes de viande bovine de l’Amérique du Sud qui pourraient entrer en Europe chaque année avec des droits de douane abaissés, mais en y regardant de plus près ce ne serait que l’équivalent d’un steak de 220 grammes par Européen et par an!
Dans d’autres secteurs comme les produits de luxe ou les produits pharmaceutiques le deal serait aussi gagnant jusqu’à même permettre à l’Union européenne d’augmenter ses exportations de 40% vers l’Amérique du Sud d’ici 2040.
Parce que le libre-échange est la clef de l’économie et de l’enrichissement collectif!
Le premier ministre du Canada Mark Carney en Chine vient de prendre entente avec ses dirigeants pour augmenter de 50% les exportations en Chine d’ici 2030. On parle de développement par des investissements en coentreprises, de l’arrivée de véhicules électriques chinois au Canada et de baisse des tarifs sur le canola exporté par les Canadiens. Il semble que le premier ministre du Canada veuille rappeler aux dirigeants du monde que le libre-échange est bien la clef de l’économie et de notre enrichissement collectif!
Les jalons du futur
Ce marché chinois donne accès à 1,4 milliard d’habitants. Si aujourd’hui nos marchandises sont dirigées à 75% vers les États-Unis et seulement à hauteur de 4 % vers la Chine, Marck Carney vient de poser les jalons du futur. Le premier ministre canadien a décidé de voir la Chine par l’angle du commerce afin, fort probablement, de sortir des griffes de nos voisins du sud toujours plus dominants et exigeants.
S’il est vrai que le libre-échange est la base du commerce et de l’enrichissement des sociétés, c’est encore plus vrai lorsque celui-ci est réparti parmi plusieurs acteurs économiques. Et tant que les États-Unis, pourtant chantre du libre-échange sous Reagan, ne reviendra pas à la réalité de l’économie nord-américaine telle qu’elle a été pensée et construite dans les dernières décennies, il semble que la seule option soit que le Canada active ses réseaux ailleurs sur la planète pour être moins dépendant.
On est loin du froid diplomatique de 2017 qui s’était installé entre la Chine et le Canada après l’arrestation de Meng Wanzhou, dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei, à la demande des États-Unis. Loin aussi l’histoire des « deux Michael », Michael Kovrig et Michael Spavor, emprisonnés par la Chine en représailles.
Des voies de renouveau souhaitées par Mark Carney
Dans un système mondial «chamboulé», comme le répète Mark Carney, il était urgent d’ouvrir des voies de renouveau. Le Canada s’attend ainsi à ce que la farine de canola, le homard, le crabe et les pois canadiens ne soient pas soumis à des droits anti-discrimination à compter du 1er mars 2026 et jusqu’à la fin de cette année au moins.