Le bel avenir du maraîchage de proximité si…

Oui, il y a un bel avenir pour le maraîchage de proximité, ces fermes souvent petites, bio et agroécologiques qui ont poussé un peu partout au Québec depuis une vingtaine d’années, mais il passe par la spécialisation, le réseautage communautaire et une véritable reconnaissance de leur spécificité par les hautes instances agricoles.

C’est ce qu’on peut dégager de la profusion d’idées émises par les quelques dizaines de maraîchers réunis le 20 février dernier à Drummondville, à l’invitation de l’Union paysanne et de l’Institut Jean-Garon, afin d’échanger sur leur avenir, ses défis et les pistes de solution pour les relever.

Ils sont épuisés parce qu’ils se sont imposés à eux-mêmes ou on leur a imposé d’être à la fois producteurs, transformateurs, distributeurs, éducateurs, administrateurs en plus de souvent travailler à l’extérieur pour arriver.  Alors, participer aux instances de l’UPA ou faire du lobbying auprès du MAPAQ, c’est définitivement trop demander.

Chiffres à l’appui, le professeur Patrick Mundler de l’Université Laval a démontré dans sa présentation d’ouverture les risques de s’éparpiller entre les différentes étapes de la chaîne et trop de légumes à produire en même temps.  La notion clé de la productivité du travail impose de se concentrer sur ce qu’on fait le mieux, souvent la vente directe à la ferme, par paniers ou en marché public, quitte à s’organiser en réseau pour partager la charge et le risque de la transformation et de la distribution des surplus.

En ce sens, à défaut d’une solution nationale, des exemples d’organisations réussies de partage de surplus, d’installations de transformation ou de camions de livraison à l’échelle d’un village ou d’une MRC existent et sont prometteurs.

Deux absents

Deux absences ont été remarquées lors du colloque : celle de l’UPA et des autorités du MAPAQ.  Une grande frustration à l’endroit du syndicat unique était palpable, lui qui collecte ses cotisations, veut imposer de nouveaux frais de recherche sans rien apporter en retour à ces petites entreprises. S’y faire entendre aux côtés des fédérations géantes du lait ou du porc apparaît comme une mission impossible, tout comme la reconnaissance d’un syndicat indépendant plus représentatif.

Quant aux politiques de soutien, un constat s’est imposé : trop souvent les maraîchers de proximité ne peuvent pas cocher toutes les cases d’un programme donné et tombent dans « les craques ». Plusieurs déplorent que le budget du MAPAQ soit accaparé par quelques grands programmes, comme l’assurance stabilisation et le remboursement des taxes foncières, ce qui laisse peu de marge pour soutenir des modèles émergents comme le leur.

Selon un ses organisateurs, Maxime Laplante, président de l’Union Paysanne, le colloque se voulait un point de départ.  La moisson d’idées et de bonne volonté a été excellente, reste maintenant à en extraire un plan d’action et une force de représentation en mesure de pousser plus loin.

Sur la photo: De gauche à droite, Michel Saint-Pierre, co-président de l’Institut Jean-Garon, Maxime Laplante, président de l’Union paysanne, et   Patrick Mundler, conférencier invité.

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