Le train va-t-il dérailler avant de partir ?

Alors que le futur TGV entre Québec et Toronto refait surface dans les cartons du gouvernement fédéral, des producteurs agricoles disent non au projet de loi C-15 et au projet de train à grande vitesse (TGV)

 Alto, compagnie responsable du projet a présenté un corridor large de 10 km pour recueillir des commentaires avant de figer le tracé définitif et elle estime minimiser les impacts négatifs pour la société puisqu’elle vise l’utilisation des autoroutes et des lignes électriques avant tout afin de limiter l’acquisition de terres agricoles. Si pour Alto l’objectif premier est le dialogue avec chaque propriétaire concerné, l’expropriation n’étant envisagée qu’en dernier recours, plusieurs producteurs agricoles ne décolèrent pas et craignent la répétition des déceptions vécues lors de la construction de l’aéroport Mirabel aujourd’hui à l’abandon.

Des centaines de producteurs agricoles, leurs familles et des citoyens ont manifesté en marge de la dernière consultation publique d’ALTO à Mirabel. Les producteurs craignent que le projet de loi C-15 et le TGV entraînent des expropriations et des fragmentations de terres, ce qui provoquerait des pertes irréversibles pour le milieu agricole, disent-ils.

«La mobilisation majeure, accompagnée d’un important convoi de tracteurs, témoigne de la détermination et de la solidarité du monde agricole face à un projet qui pourrait mettre en péril notre souveraineté alimentaire, la survie des entreprises agricoles et de la relève. Non seulement le milieu agricole sera impacté, mais c’est toute la communauté rurale et les villes traversées par le corridor du TGV qui sont affectées par ce projet d’infrastructure», explique un récent communiqué de l’UPA.

«?Ce projet a le potentiel de détruire nos terres, nos familles et l’avenir de notre garde-manger. Le gouvernement tente de passer ce projet en catimini, à une vitesse inacceptable?», dénonce Christian Couvrette, président du syndicat de l’UPA Ste-Scholastique-Mirabel.

«?Aujourd’hui, nous avons fait entendre notre voix. Nos terres ne sont pas à vendre. Si nos terres sont fragmentées, nous serons forcés de dépendre de produits importés. C’est exactement le contraire de ce que le premier ministre Mark Carney dit vouloir pour notre autonomie alimentaire?», affirme Stéphane Alary, producteur et président de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides.

Face aux inquiétudes des agriculteurs de Mirabel concernant le projet de TGV, Alto semble pour le moment  adopter une posture d’ouverture, affirmant vouloir « écouter » et minimiser les impacts tout en justifiant son projet qui, rappelle-t-elle, doit à terme transporter une population croissante.

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