Des ambitions claires pour l’agriculture traditionnelle:L’agriculture de loisirs pas dans le sujet avec Christine Fréchette

Dans le cadre de la course à la chefferie de la Coalition Avenir Québec, Christine Fréchette annonce ce 12 mars une série d’engagements visant à soutenir et à moderniser le milieu agricole québécois ainsi qu’à renforcer l’autonomie alimentaire du Québec. Elle répond clairement à plusieurs points : sur le remboursement de la taxe carbone, sur l’argent supplémentaire à investir pour la relève, sur les obligations des institutions publiques pour acheter Québécois. La volonté de réduire la paperasse reste là mais on ne voit pas poindre encore clairement la recette. Rien d’annoncé non plus sur le besoin de diversifier l’agriculture ancrée dans des méthodes vieilles de plus de 50 ans. Et pas de message clair pour le moment à destination des régions et à ses forces vives, dont le milieu de l’agriculture de loisirs qui est au cœur de l’économie de celles-ci. Mais la campagne à la chefferie durera encore un mois, c’est à suivre.

Consciente que l’agriculture québécoise traverse une période de vulnérabilité, notamment en raison de l’explosion des coûts de l’énergie, la concurrence internationale et les difficultés avec la relève insuffisante, la candidate au poste de Premier ministre du Québec, dans le cadre de la course qui l’oppose à Bernard Drainville, propose ses priorités qu’elle juge importantes pour la compétitivité des entreprises agricoles, pour soutenir la relève, favoriser l’achat local et alléger le fardeau administratif.


Remboursement de la taxe carbone de façon permanente

Si elle est élue cheffe de la CAQ et devient première ministre, Christine Fréchette s’engage à rembourser intégralement et de façon permanente la taxe carbone payée par les producteurs agricoles. Elle dit souhaiter que les agriculteurs québécois cessent d’être désavantagés par rapport à leurs concurrents ailleurs au pays en lien avec la situation géopolitique actuelle. «Ce remboursement leur donnera l’oxygène nécessaire pour investir dans leurs entreprises et continuer de faire ce qu’ils font de mieux, c’est-à-dire nourrir le Québec», dit-elle.

Un appui accru à la relève agricole avec plus d’aide financière

Considérant que l’âge moyen des producteurs est de 54 ans et que près de 78 % des fermes ne possèdent pas de plan de relève, la candidate à la chefferie estime qu’il est urgent d’agir pour assurer le transfert des entreprises agricoles. Elle propose donc de rehausser de 30 % le Programme d’appui financier à la relève agricole, ce qui porterait l’aide maximale à 65 000 $ pour les jeunes qui s’investissent à temps plein. Elle estime que «la valeur des terres et des entreprises agricoles ayant fortement augmenté au cours des dernières années, les programmes gouvernementaux doivent soutenir les jeunes qui choisissent l’agriculture».


Des cibles plus élevées et obligatoires pour avoir des aliments québécois dans nos institutions publiques


Comme la plupart des politiciens qui se sont exprimés dans les dernières années à ce sujet, Christine Fréchette souhaite également renforcer la présence des aliments québécois dans les écoles, les hôpitaux et les établissements publics. Son action pour y parvenir serait de renforcer la Stratégie nationale d’achat d’aliments québécois en élevant les cibles et en les rendant obligatoires. «Notre autonomie alimentaire exige des décisions claires et respectueuses du travail de celles et ceux qui cultivent notre territoire et qui nourrissent le Québec», dit-elle.

L’objectif d’alléger le fardeau administratif est encore dans la mire

Le fardeau administratif (multiplication des formulaires, délais d’autorisation, incohérences entre ministères et exigences redondantes) demeure l’un des irritants majeurs pour les producteurs agricoles, avoue-t-elle. Elle veut, comme chaque politicien le dit, réduire la paperasse. Si elle estime poursuivre le travail entamé par son parti une fois élue, disons qu’il lui faudra plus de visibilité que son chef actuel qui ne semble pas avoir répondu aux besoins sur le terrain. Sur ce point les actions qui seront entreprises ne sont pas encore vraiment dévoilées.

Sur le dossier des régions en tant que tel, on pourrait s’attendre à une lecture plus approfondie de la situation pour mettre en valeur l’agriculture de loisirs, dont le monde du cheval est un pilier économique, d’autant que le ministre de l’Agriculture actuel, Donald Martel, a été du temps de sa députation un soutien solide du monde du cheval.

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Que disent les soutiens de Christine Fréchette?

«Étant issue du milieu agricole, je sais à quel point les producteurs doivent composer avec des coûts élevés, des règles complexes et beaucoup d’incertitudes. Les mesures proposées par Christine Fréchette envoient un signal clair: on veut donner de l’air à nos producteurs et soutenir concrètement la relève. Si on veut que nos fermes continuent de faire vivre nos régions, il faut aider les jeunes à s’établir et à reprendre les entreprises familiales. », a déclaré Audrey Bogemans, députée d’Iberville

«Comme députée dans le garde-manger du Québec, je croise chaque jour des agricultrices et des agriculteurs qui œuvrent, beau temps, mauvais temps, pour nourrir le Québec. On doit leur donner les moyens de leurs ambitions et soutenir la relève pour ne jamais perdre notre expertise. C’est ce que Christine propose. », de dire Carole Mallette, députée de Huntingdon

« Au Saguenay–Lac-Saint-Jean comme ailleurs au Québec, l’agriculture est au cœur de notre économie régionale et de notre identité. Les producteurs travaillent fort et veulent avant tout pouvoir se concentrer sur leur métier. En réduisant la paperasse et en améliorant la compétitivité de nos entreprises agricoles, on leur permet de développer nos régions. », dit Eric Girard, député de Lac-Saint-Jean et ancien agriculteur

 

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