Par Elise Bigley, Directrice des projets stratégiques à l’ICPA
L’Institut canadien des politiques agroalimentaires (ICPA) a été fondé en 2004 à un moment charnière pour l’agriculture canadienne. Le secteur sortait d’une période marquée par des différends commerciaux internationaux, des difficultés économiques, des chocs sur les marchés liés à l’ESB et un débat croissant sur la manière dont le Canada devait se positionner dans une économie agroalimentaire de plus en plus mondialisée. Les discussions politiques étaient fragmentées, divisées entre les groupes de produits, les régions et les gouvernements. Il manquait un espace indépendant pour une réflexion stratégique à long terme afin de s’attaquer à ces questions complexes et interdépendantes.
L’ICPA a été créé pour combler cette lacune. L’organisation a été mise sur pied grâce au soutien initial du gouvernement du Canada et à l’engagement de dirigeants du gouvernement, de l’industrie et du milieu universitaire. La diversité des voix qui ont participé à sa création a profondément influencé son positionnement en tant qu’institut de politique indépendant et non partisan plutôt qu’en tant qu’organisme de défense des intérêts. Aujourd’hui, l’ICPA demeure un organisateur crédible et fiable dans l’ensemble de la chaîne de valeur et continue d’être supervisé par un conseil d’administration possédant une vaste expertise dans le secteur agricole et agroalimentaire.
Depuis plus de deux décennies, le mandat principal de l’ICPA est resté le même : l’analyse stratégique des politiques et le dialogue. Comme elle n’a pas été créée pour représenter un seul produit, une seule région ou une seule perspective politique, l’ICPA a pu accueillir des discussions difficiles et aborder des questions sensibles.
Ses premiers travaux sur la compétitivité et le positionnement sur le marché mondial ont contribué à établir la crédibilité de l’ICPA en abordant des questions sensibles avec équilibre et rigueur. L’ICPA, qui se concentrait principalement sur le secteur agricole, a élargi son champ d’action pour s’intéresser également à la politique de santé, puis à la valeur ajoutée, au commerce et à l’environnement. Les thèmes prioritaires de l’ICPA ont évolué en fonction des défis du secteur. Plus récemment, l’ICPA s’est concentrée sur l’innovation et l’agriculture numérique, l’environnement, la gestion des risques, la croissance de la valeur ajoutée et la compétitivité.
En 2025, l’ICPA a publié un rapport en collaboration avec Gestion Agricole du Canada sur la gestion proactive des risques, faisant progresser le dialogue sur une voie claire pour un secteur proactif, confiant et prêt à faire face aux risques en constante évolution. L’ICPA soutient que le passage à une gestion proactive des risques est la clé de la résilience à long terme du secteur.
L’ICPA en est actuellement à sa troisième enquête annuelle sur les risques agroalimentaires. Ces données essentielles constituent un point de référence pour comprendre l’évolution du paysage des risques agroalimentaires au fil du temps. Elles ont guidé la quasi-totalité des travaux de l’ICPA en 2025 et continuent de façonner notre approche.
Grâce à des webinaires, des podcasts et d’autres forums numériques, l’ICPA a tiré parti des technologies émergentes pour élargir sa portée et sa capacité à fournir des contenus opportuns sur des questions agroalimentaires complexes. Cela s’ajoute aux dialogues en personne, aux événements et à notre conférence annuelle de l’ICPA Exchange qui se tiendra pour le quatrième fois cet octobre 2026.
L’élaboration des politiques agricoles est rarement une question de tout ou rien. Dans ce contexte, l’ICPA a été créé pour se situer en dehors des pressions et des tensions liées au plaidoyer. Nous ne participons pas aux discussions politiques pour défendre un intérêt particulier ; nous nous réunissons pour garantir que le débat lui-même soit plus solide. Notre indépendance nous permet d’explorer les zones d’ombre. L’ICPA teste les hypothèses et remet en question les idées reçues. Il en résulte des alternatives politiques pertinentes, reflétant une approche systémique et s’appuyant sur des données solides et les contributions des parties prenantes.