La prestigieuse distinction, qui honore le maillage et la complémentarité entre un chef et un artisan, a dévoilé et honoré ses lauréats le 13 avril dernier lors d’une soirée gala au Restaurant Le Parlementaire. Le sceau d’exception célébrait cette année ses 25 ans d’existence. La Vie agricole était présente. On y apprenait de la part de Frédéric Cyr qu’une nouvelle entente avec le gouvernement assure que dorénavant les Prix Renaud-Cyr seront toujours remis dans la maison du peuple. Pour Frédéric Cyr, cet évènement se veut avant tout un « symbole de transmission». Ce fut pour l’éditeur de La Vie agricole l’occasion de revoir toute la famille Cyr qu’il a côtoyé au fil de ses années magnymontoises lorsque celle-ci opérait encore le mythique Manoir des Érables, aujourd’hui propriété privée de Daniel Laprise de Maison Laprise.
«La relation singulière entre un chef et un artisan a un impact significatif sur la vitalité et le dynamisme des communautés régionales, ainsi que sur la diversité et la qualité des produits du terroir. Cette relation a le pouvoir d’agir comme un véritable élément structurant pour le développement des communautés et des régions. C’est leur talent, mais également leur engagement comme leur impact culturel et social que Le Renaud-Cyr met de l’avant en honorant ces chefs et ces artisans», nous dit l’organisation du prix Renaud-Cyr.
Les lauréats sont…
Chef
Charles Gignac, 101, Restaurant de quartier, Québec, Québec
Pour Charles Gignac, une brigade n’est pas simplement une équipe de travail, c’est une famille que l’on fait grandir par la transmission de gestes, de savoirs et par le respect des produits. C’est pourquoi, il amène ses apprentis là où tout commence : sur les quais, à la pêche au homard, dans les eaux froides où l’on récolte les oursins et jusque dans les champs de la ferme maraîchère Terre vivante, en Estrie. Là, les cuisiniers rencontrent les artisans.
Cheffe
Marie Papilles, Blue Sea, Outaouais ( dont on apprenait pendant la soirée son passage précédemment chez le chef Marc Veyrat)
Un matin d’automne dans la Vallée-de-la-Gatineau. La brume flotte au-dessus du lac Blue Sea. Le marché s’installe tranquillement. Les producteurs déposent leurs récoltes encore fraîches de la terre. Et quelque part au cœur de ce paysage, une cheffe construit patiemment une cuisine qui ressemble à son territoire. Une cuisine guidée par les saisons. Une cuisine attentive à ce que la terre offre, avant même de penser à ce que l’on cuisinera.
Artisan, produits alcoolisés
Richard Small, Domaine Small, Saint-Agathe-de-Lotbinière, Chaudières-Appalaches
Dans la région de Lotbinière, sur une terre familiale transmise depuis plusieurs générations, un homme a choisi de pousser plus loin le dialogue entre la nature et le savoir-faire. Sirop d’érable, verjus, vins de cépages nordiques, spiritueux issus de la forêt… Au fil des années, ce domaine est devenu un laboratoire vivant où la tradition agricole rencontre l’innovation artisanale.
Artisan producteur
Yannick Côté, Le jardinier déchainé, Cookshire-Eaton, Estrie
Il a quitté le bureau… pour la terre, troqué les réunions pour les saisons et remplacé les dossiers par des rangées de légumes, en fondant une ferme maraîchère où la passion, la curiosité et le respect du vivant guident chaque geste. Un lieu où l’on cultive bien plus que des légumes, mais une relation directe avec la terre.
Artisan transformateur
La famille Arseneau, Alcyon Sel de mer, Havre-aux-maisons, Îles-de-la-Madeleine
Avec patience, intuition et un profond respect de leur territoire, la famille Arseneau a donné naissance à Alcyon, transformant l’eau du Saint-Laurent en cristaux précieux pour la gastronomie. Un projet qui nous transporte presque ailleurs comme si un coin des salines de Camargue avait trouvé refuge au Québec. Aujourd’hui, ce sel né du vent et de la mer voyage bien au-delà des îles.
Hommage, remerciements et reconnaissance
Lionel Levac, journaliste
Pendant plus de quarante ans, un journaliste a consacré sa carrière à raconter la gastronomie du Québec à travers les champs, les fermes et les fromageries. Avec rigueur, curiosité et une profonde humanité, il a parcouru le Québec pour aller à la rencontre de celles et ceux qui nourrissent notre société. À une époque où l’on parlait encore trop peu de produits locaux, d’agriculture durable et d’identité culinaire, il a su ouvrir les micros et les esprits.