«On dirait qu’on préfère nourrir nos cellulaires et nos autos électriques plutôt que nos animaux», dit la productrice laitière Caroline Gosselin

Propriétaire d’une ferme laitière bio de 30 vaches en lactation dans Bellechasse, la productrice n’accepte pas le passage sur ses terres d’une ligne Hydro de haute tension. Elle craint pour la productivité de ses vaches et s’inquiète pour sa relève, elle qui a trois enfants dont un se prépare déjà pour reprendre la ferme.

« On a juste 2 % de territoire cultivé au Québec, peut-on le préserver?» dit-elle.

Au début Hydro-Québec lui parlait d’un tracé pour transporter de l’électricité maintenant il semble que la société d’État veuille fournir plus de clients et évoque des éoliennes qui pourraient être alimentées aussi sur cette ligne. Cela en est trop pour la productrice.

Peu importe les redevances qui pourraient être mises sur la table par Hydro-Québec, l’agricultrice n’a pas l’intention de plier.

Où loge l’UPA?

Elle estime que même compensée ça ne sera pas efficace pour l’environnement et ne veut pas de cette ligne à haute tension. Elle a manifesté à Armagh en mars dernier sur l’incitation de l’UPA locale, elle s’étonne donc encore plus à la lecture ces dernières heures à la une du quotidien Le Devoir que l’UPA se targue d’avoir une entente avec Hydro-Québec. Selon Le Devoir, Hydro-Québec lance un appel d’offres pour installer 1500 à 3000 mégawatts d’éoliennes dans le sud du Québec, avec des mises en service de 2031 à 2038 et une entente a été conclue entre Hydro-Québec et l’Union des producteurs agricoles pour encadrer l’éolien en terres agricoles.

Pourtant le 26 mars dernier, l’UPA demandait la suspension de l’appel d’offres éolien imminent. L’UPA s’inquiétait de l’empiétement des éoliennes sur les terres arables du Québec. « Ça se fait au détriment de nos terres agricoles », disait alors Martin Caron, le président de l’UPA, en entrevue à la radio.

Lundi, au Devoir, M. Caron s’est réjoui qu’Hydro-Québec, en vertu de l’entente de principe — « conclue à la dernière minute » —, s’engage à défavoriser les soumissions qui impliquent l’utilisation de terres agricoles de haute qualité ou d’érablières.

Un centre équestre touché aussi

D’autres citoyens de la MRC de Montmagny ont également commencé à déclarer leur mécontentement. Marie-Claude Bouillon qui possède un centre équestre à Notre-Dame-du-Rosaire où elle donne des cours et des spectacles avec ses chevaux se manifeste aussi sur les réseaux sociaux en opposition à ce projet d’Hydro-Québec.

 

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