Dans le cadre des élections qui seront bientôt réalité au Québec, La Vie agricole a demandé aux différents chefs qui seront sur la sellette de nous dire quelle est leur vision pour le monde agricole et pour les régions du Québec : après le Parti conservateur du Québec, Québec Solidaire et la Coalition Avenir Québec dirigée par Christine Fréchette c’est au tour du chef du Parti Libéral du Québec, Charles Milliard de nous confier ses orientations.
Selon ce que nous a transmis Charles Milliard «L’agriculture québécoise traverse aujourd’hui une période charnière, et trop souvent, depuis maintenant trop longtemps, elle est traitée comme un enjeu secondaire. Pendant que les coûts explosent, que l’endettement atteint des sommets et que la relève peine à s’établir, les réponses gouvernementales tardent à refléter l’ampleur de la situation», nous a-t-il écrit.
Le Parti libéral du Québec (PLQ) fait un constat : «Ça prend un changement de cap très clair».
«L’agriculture ne doit plus être reléguée à la marge des priorités économiques. Elle doit être reconnue pour ce qu’elle est réellement : un secteur stratégique, au cœur de notre sécurité alimentaire, de notre vitalité régionale et de notre capacité à créer de la richesse ici, au Québec», précise le chef du Parti Libéral du Québec. Mais pour Charles Milliard, « Pour y arriver, il faut d’abord poser un principe simple : les agriculteurs sont des entrepreneurs à part entière. Ils doivent être soutenus comme tels.Cela implique des choix concrets, ainsi que trois principes fondamentaux pour guider l’action au cœur de notre agriculture québécoise».
Réformer les programmes de la Financière agricole
Le PLQ a identifié trois principes pour guider l’action libéral de Charles Milliard en matière d’agriculture. D’abord la prévisibilité. Pour Charles Milliard, on ne bâtit pas une entreprise agricole dans l’incertitude. Les producteurs, dit-il, prennent des décisions qui s’étalent sur 10, 15 ou 20 ans. «Pourtant, trop souvent, les règles changent en cours de route, les programmes ne suivent pas et l’imprévisibilité s’installe. Le rôle du gouvernement n’est pas de créer de l’instabilité, mais de la réduire. Cela exige des politiques cohérentes, prévisibles et adaptées à la réalité économique actuelle, notamment en réformant les programmes de la Financière agricole».
Dans cette logique, une part plus importante des sommes perçues par l’État dans le secteur agricole doit être réinvestie directement dans le secteur, auprès des producteurs, afin de soutenir leur capacité d’investissement et à planifier, innover et demeurer compétitifs, de dire la PLQ. Selon le PLQ, aujourd’hui, trop de projets agricoles ne voient pas le jour, ou peinent à se maintenir, faute d’accès aux bonnes conditions. Il y a des problèmes d’accès à la terre; d’accès au financement; d’accès aux programmes et d’accès aux marchés.
Pour y répondre, le Parti libéral du Québec de Charles Milliard propose des gestes concrets : Il envisage de freiner la spéculation sur les terres agricoles pour les garder accessibles; de mettre en place un crédit d’impôt à l’investissement pour les fermes de petite taille; de déployer un programme spécifique pour soutenir l’agriculture en régions périphériques; de revoir les paramètres du Programme d’appui financier à la relève agricole afin qu’il réponde mieux aux réalités actuelles; de simplifier les règles et les démarches pour réduire les contraintes administratives qui freinent les producteurs et d’assurer le maintien d’infrastructures essentielles comme les abattoirs régionaux.
Les agriculteurs sont les premiers experts de leur réalité.
Trop souvent, les politiques publiques sont conçues sans se soucier des réalités des agriculteurs de dire Charles Milliard, ou sans tenir compte de leurs contraintes concrètes. «Faire confiance aux producteurs, c’est bâtir des politiques publiques avec le milieu, l’ensemble des acteurs qui cultivent notre Québec. Choisir l’agriculture aujourd’hui, ce n’est pas choisir la facilité. C’est choisir la responsabilité de nourrir ses concitoyens, la persévérance et un mode de vie profondément enraciné dans nos régions, qui a façonné notre Québec», dit-il.
Il souhaite défendre pleinement la gestion de l’offre; faciliter les transferts d’entreprises agricoles, notamment vers la relève et donner une voix réelle aux jeunes agriculteurs dans les instances décisionnelles;
L’agriculture comme véritable choix économique
«Faire de l’agriculture un véritable choix économique, c’est assumer un cap clair marqué par une volonté politique ferme. Cela signifie financer adéquatement le secteur pour qu’il soit compétitif. Cela implique aussi de se donner une ambition réelle», nous a-t-il écrit.
«Produire ici, transformer ici et consommer ici doit devenir un réflexe collectif constant. Consommer québécois, c’est bien plus qu’un geste d’achat : c’est un geste de fierté collective. Cela implique également que l’État soit exemplaire dans ses propres pratiques. Les institutions publiques qu’il s’agisse des écoles, des hôpitaux ou des organismes gouvernementaux doivent jouer un rôle moteur dans la valorisation des produits québécois. Dans ce contexte, il est inconcevable qu’une nation forte et fière comme le Québec continue d’importer des aliments pour ses institutions publiques alors que nos terres regorgent de produits de qualité. L’État doit utiliser pleinement son pouvoir d’achat comme un levier concret pour soutenir nos producteurs, renforcer nos filières et affirmer notre autonomie alimentaire».
Un choix de société.
«La question est simple : voulons-nous d’une agriculture forte, compétitive et enracinée dans nos régions?», demande le chef du PLQ. Pour le PLQ, soutenir nos agriculteurs, c’est soutenir notre économie, c’est soutenir nos régions, et c’est assurer, aujourd’hui et demain, notre capacité à nourrir le Québec, asure-t-il.