La Vie agricole aborde tous les partis politiques dans le cadre de la campagne électorale qui se dessine cet automne. Nous avons approché le porte-parole du parti québécois et son équipe pour en savoir plus sur leur vision pour l’agriculture et les régions du Québec.
Le porte-parole du parti québécois se positionne dans le cadre d’un État qui devra trouver des solutions au regard de la chute de revenu qu’il estime importante pour les agriculteurs au fil du temps : «Il y a de nombreux enjeux pour le monde agricole actuellement. Les chiffres ne mentent pas : il y a eu un effondrement du revenu net des agriculteurs lors des dernières années, passant de 1,2 G$ en 2021 à 29 M$ en 2024. Il faut le dire sans détour : on assiste de plus en plus à un modèle d’affaires qui est intenable pour l’avenir. Notre formation politique considère qu’il faut agir rapidement pour préserver la pérennité du secteur pour la prochaine génération. Le rôle du gouvernement ici, c’est de trouver des solutions», nous a-t-on écrit.
Le PQ est inquiet pour la relève et veut revoir le fonctionnement de la Financière agricole
«D’ici 10 ans, près de 50 % des producteurs agricoles actifs auront atteint l’âge de la retraite. Le Parti Québécois est conscient de la nécessité de bonifier les programmes d’appui à la relève, en plus d’adapter les aides financières à la réalité des jeunes agriculteurs. En ce sens, nous désirons revoir le fonctionnement de la Financière agricole du Québec de manière à l’adapter au contexte actuel. Le Parti Québécois s’est également engagé à favoriser le transfert d’entreprises agricoles et forestières familiales, en mettant en place des incitatifs fiscaux pour les vendeurs à la relève», précise-t-on au PQ.
La défense de la gestion de l’offre et la protection du territoire comme leitmotiv
Le porte-parole du parti Québécois rappelle qu’iI faut soutenir le repreneuriat des fermes, «entre autres en octroyant des incitatifs fiscaux lors d’une vente à un individu issu de la relève agricole». Pour ce faire, rappelle Alex Boissonneault, il est aussi nécessaire d’agir sur la spéculation des terres. «Notre formation politique s’engage aussi à défendre la gestion de l’offre et la protection du territoire agricole, lequel ne représente que 2% du territoire québécois»,dit-il.
Plus de travailleurs de rangs pour contrer la problématique de santé mentale
Le PQ au pouvoir s’engagerait à prendre en compte les problématiques de santé mentale dans le monde agricole en augmentant en autres le nombre de travailleurs de rang. «Tout d’abord, il faut soutenir la santé et la sécurité au travail à travers un accompagnement social des employeurs et des employés agricoles en encourageant les solutions qui fonctionnent, comme les travailleurs de rang. Il faut d’ailleurs augmenter leur nombre. En complémentarité, nous pensons qu’il est nécessaire de soutenir les producteurs à travers l’automatisation dans le milieu agricole pour assurer une plus grande productivité technologique et libérer plus de temps pour les agriculteurs» de dire M. Boissonneault.
Avec le PQ, ‘’une fois suffit’’
Le Parti Québécois précise dans l’échange qu’il a eu avec La Vie agricole que les agriculteurs sont pour lui des entrepreneurs. La formation politique propose donc un allégement du fardeau fiscal historique des PME, y compris pour les producteurs agricoles, afin de les aider à être plus compétitifs sur le marché. Il déclare aussi vouloir réduire le temps accordé à la paperasse. « C’est pourquoi un gouvernement péquiste allégera le fardeau réglementaire également, notamment en instaurant la règle du ‘’une fois suffit’’!» dit Alex Boissonneault.
«Pour les agriculteurs, cela signifie une réduction de la paperasse et l’accélération du déploiement des programmes d’aide. Nous sommes d’avis que le gouvernement doit être un allié pour les agriculteurs. Cela passe notamment par une relation de confiance et d’accompagnement entre les différentes parties prenantes. Concrètement, le Parti Québécois s’est récemment engagé à légiférer pour interdire l’inclusion du contingent acéricole dans la valeur foncière d’une érablière. Cette proposition s’inscrit directement dans notre intention d’alléger le fardeau fiscal des agriculteurs.»
Les circuits courts contribuent à la richesse collective
Le Parti Québécois dit croire fermement à la portée des circuits courts et à l’achat d’aliments locaux. Des modèles, qui dit-il, sont bénéfiques pour l’environnement et contribuent à réduire l’empreinte carbone, mais surtout, «augmentent la part de profit qui revient directement aux agriculteurs et ça contribue à la richesse collective du Québec».
Pour le PQ, le constat actuellement au Québec est clair: il n’y a pas assez de Québécois nourris par des Québécois. «L’objectif est le suivant : encourager l’autonomie alimentaire au Québec. Un gouvernement du Parti Québécois serait lui-même un exemple pour la population. Il faut augmenter la portion de produits québécois dans le panier d’aliments achetés par l’État, dans les hôpitaux, dans les cafétérias d’écoles et dans les CHSLD.»
Réduction des taxes sur l’essence
Le parti Québécois rappelle que les agriculteurs sont pleinement conscients de l’importance de préserver l’environnement, car ils sont, dit-il, aux premières loges des conséquences des changements climatiques. Ainsi, nous précise-t-on : «Il faut éviter de leur attribuer l’entièreté du fardeau environnemental, notamment lorsqu’il est question du prix de l’essence».
«Présentement, il y a des écarts de prix importants à la pompe, créés par le gouvernement fédéral et qui constitue une iniquité intenable pour la compétitivité des entreprises agricoles. Un gouvernement du Parti Québécois s’engage à mettre en place des solutions pour réduire le prix de l’essence, que ce soit par la fin de la double taxation, la réduction de la taxe sur les carburants ou en réduisant la TVQ» de dire le porte-parole agricole du PQ.
«De plus, un gouvernement du Parti Québécois retournerait aux agriculteurs du Québec leur contribution indirecte au Fonds d’électrification et de changements climatiques, puisqu’ils sont souvent en première ligne des phénomènes climatiques et méritent leur juste part des sommes consacrée à y lutter. À l’heure actuelle, on estime ce retour par le biais de différents programmes à 44%, ce qui est nettement insuffisant», de préciser le parti Québécois.