Sylvie D’Amours a appelé La Vie agricole ce matin. Elle souhaitait nous donner, en primeur, sa perception sur le déroulement de la Commission sur l’accaparement des terres, qui a retenu l’attention de tout le monde agricole et politique la semaine passée. Elle tenait aussi à nous informer qu’elle a déposé une motion qui a été soutenue par le Parti Libéral afin qu’une nouvelle rencontre ait lieu avec la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) afin que celle-ci approfondisse sa présentation. Il n’y a pas eu d’unanimité sur cette motion.
Revoir la CPTAQ, s’adapter à chaque région !
“ On a du travail à faire en profondeur avec la CPTAQ“, de dire Mme D’Amours. “Et je veux aussi que l’on rencontre différents intervenants tels que les notaires afin d’évaluer quelles modalités mettre en place pour aider la relève. Il y a, avec la CPTAQ, une analyse en profondeur à faire. Cet organisme travaille avec des lois et il est peut-être temps en 2015 de les adapter aux besoins des producteurs selon leur réalité qui n’est pas forcément la même d’une région à une autre.“
Mme D’Amours se dit bien consciente que cela retardera probablement la remise du rapport final de la Commission à l’automne mais estime que cela est nécessaire pour trouver les bonnes solutions pour aider la relève : “ Je travaille pour la relève agricole et les producteurs. Là, on faisait ça à la sauvette. M. Dutil du Parti Libéral était d’ailleurs d’accord avec moi, il faut étudier quels moyens la CPTAQ doit avoir en 2015 pour mieux aider les agriculteurs!“
Peu de chance d’obtenir le consensus: Le PQ voudrait juste plaire à L’UPA !
“Sur le terme accaparement, on a tous compris que celui-ci est galvaudé dans ce débat. Le chercheur M. Meloche, le dernier à avoir été entendu, est clair là-dessus. Seul le Parti Québécois ne veut pas le reconnaitre. Il n’a d’ailleurs pas soutenu notre motion“, dit-elle. Elle reconnait que la situation actuelle ne prédispose pas à obtenir un consensus des trois partis lors de la remise du rapport final : “ Non, il y a pour le moment que peu de chance d’obtenir un consensus. Le PQ ne veut pas déplaire à l’UPA.“
Rien reçu de la FRAQ !
Mme D’Amours dit avoir observé plusieurs phénomènes exprimés par les uns et par les autres lors des deux jours de Commission, quant aux facteurs réels des problématiques de la relève, comme notamment les quotas ou les terres en friche : “ Chose certaine, les problèmes de relève sont ailleurs bien sûr que dans l’accaparement“ de dire Mme D’Amours. “ J’ai d’ailleurs demandé à la FRAQ de m’envoyer sa liste de membres apparentés et non apparentés mais je n’ai encore rien reçu.“
Elle conclut :“ Quand on ouvre une boite de Pandore, il faut voir tout ce qu’il y a dedans et faire les bons choix pour aider la relève agricole en 2015 et dans les années à venir.“