Louis Bernard veut un fonds de restructuration !

Ancien secrétaire général du gouvernement du Québec et figure emblématique parmi les hauts-fonctionnaires de la province, Louis Bernard, a publié le 5 avril dernier une réflexion sur la vente récente à des intérêts extérieurs d’entreprises québécoises bien identifiées au milieu, comme Les rôtisseries St-Hubert, Rona, Provigo, le Cirque du Soleil et Alcan. Il a alors écrit que cette situation “ a soulevé à nouveau la question de la perte d’emplois et de sièges sociaux qui en résulte généralement.“

Il ajoute : “Cette question est légitime, même dans le cas où les acquisitions québécoises seraient plus nombreuses que celles de l’extérieur. Car il vaut toujours mieux conserver ce qu’on a que de s’en départir. D’autant plus que les entreprises perdues auraient pu servir de base pour des acquisitions ultérieures à l’étranger.“

Il pense qu’il nous  manque : “Une institution capable d’agir, au besoin, comme agent principal de restructuration sur le modèle des grands fonds privés d’investissement (les private equity funds) comme il en existe aux États-Unis ou en Ontario (dont Fairfax qui, soit dit en passant, est le principal actionnaire de Cara, qui achète St-Hubert). (…) Si un tel instrument avait existé, il aurait pu acheter St-Hubert au prix payé par Cara, solidifier sa gestion et, ensuite, soit la revendre à une entreprise québécoise existante (avec l’aide des autres instruments que nous possédons déjà), soit inscrire sa propriété à la Bourse, puisqu’il s’agit d’une société privée.

La mise sur pied d’un tel fonds de restructuration exigerait des fonds substantiels, possiblement de l’ordre du milliard de dollars. Il est probable que, chez nous, une telle somme de capitaux ne puisse pas être amassée rapidement sans que le gouvernement en prenne l’initiative. Ce n’est pas hors de ses moyens puisqu’on peut se rappeler qu’Investissement Québec et la Caisse de dépôt et placement ont récemment versé, chacun, 1,3 milliard de dollars pour le soutien de Bombardier. Mais il serait souhaitable qu’afin d’éviter toute pression politique indue, le secteur privé et coopératif en prenne le contrôle le plus rapidement possible. (…) 

Le Fonds de restructuration est l’instrument qui nous manque. Il est d’autant plus urgent de le mettre en place qu’au cours des prochaines années, plusieurs centaines de nos entrepreneurs, ceux qui ont créé et développé les entreprises qui font notre fierté, devront céder la place à la relève. À nous de les aider, si nous ne voulons pas perdre le fruit de leur travail et le céder à d’autres.

Crédit Photo: La Presse

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