Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l’OMS en charge de l’étude des cancers, aurait triché dans sa conclusion déclarant que le glyphosate est cancérogène probable.
Selon une enquête de l’agence de presse Reuters publiée le 19 octobre, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), organe de l’OMS, aurait modifié le rapport d’évaluation du glyphosate afin de le classer comme « probablement cancérogène », alors que plusieurs résultats scientifiques concluaient l’inverse.
L’agence Reuters s’est procuré une première version du rapport final du Circ publié sur le glyphosate. Elle y a trouvé une dizaine de changements qui ont été faits entre les études animales et la version publiée finale.
Par exemple, une phrase comme « Les auteurs ont conclu que le glyphosate n’était pas cancérogène chez les rats Sprague Dawley » aurait été remplacée par « Le groupe de travail n’a pas été en mesure d’évaluer cette étude en raison des données expérimentales limitées fournies dans l’article de revue et des informations supplémentaires ».
Le Circ n’aurait révélé que peu de détails sur le processus d’examen des substances chimiques contrairement aux agences comme l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ou l’Agence américaine de protection de l’environnement, de dire Reuters
Le Circ est la seule agence ayant classé le glyphosate comme cancérogène probable et elle est au cœur d’un débat au sein de l’Union européenne et même au sein du gouvernement française où des ministres comme Nicolas Hulot, ministre de l’Environnement prêche pour la non-utilisation du glyphosate d’ici moins de 3 ans, quand le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, a un horizon de 5 à 7 ans le temps que les producteurs aient accès à un substitut.
Le Circ n’a pas répondu aux questions de Reuters sur les modifications et a déclaré que le document récupéré par l’agence de presse était « confidentiel » et « de nature délibérative ».