Pour Sylvain Charlebois, un producteur doit toujours en revenir à ce qu’il connait le mieux, produire plus. Présent lors du congrès de l’association des producteurs de canneberges du Québec (APCQ), ce chercheur de l'université de Guelph, a rappelé à l’auditoire que l’histoire rappelle que toutes les productions qui ont choisi la régulation par les quotas et les plans conjoints se limitent quant à leur potentiel à l’international.
Il a rappelé que le système de gestion de l’offre mis en place il y a 70 ans comme mesure de guerre pour nourrir la population canadienne a vieilli et qu’il n’est plus le système adéquat pour l’industrie du lait : “ Avec ce système, on compromet notre position à l’international. Ce système maintient 12 000 fermes. On développe pour nous mais on oublie le potentiel énorme en Asie pour nos produits salubres“. Notre système actuel doit vivre avec une population vieillissante. Il est temps de remettre en question la gestion de l’offre dans le lait selon le professeur Charlebois.
Il a rappelé que depuis la fin de la CCB Commission Canadienne du Blé, il y a deux ans, il y a moins de fermes mais plus de production de blé au Canada.
Regardant ce qui se passe dans les pays nordiques de l’Europe avec les lingonberries, des fruits de la famille de la canneberge, dont la commercialisation est orchestrée dans le monde par IKEA, il a expliqué qu’aucun plan conjoint ne pourra jamais donner autant de perspective à la canneberge qu’une bonne entente de distribution pour l’ensemble de la production québécoise. “ IL faut éduquer le public mais aussi penser de la table à la ferme plutôt que de la ferme à la table.“ dit-il.