Après des années à la recherche de solutions politiques, L’Union paysanne met le poing sur la table et envisage de faire appel aux tribunaux pour faire reconnaître le pluralisme agricole.
Benoit Girouard, président de L’Union paysanne, rejoint par La Vie agricole, a précisé être à la recherche de bureaux d’avocats «pro-bono» pour cette démarche, mais avoir déjà deux bureaux d’avocats intéressés à fournir à son organisation des heures de recherches sur le sujet.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase !
«Lors du dernier conflit opposant l’UPA au gouvernement libéral dans le dossier de la taxation foncière agricole, ce dernier a fait le choix de retourner à l’ancien programme (PCTFA) afin de mettre fin au dit conflit. En faisant ce choix, le gouvernement a donc rétabli l’obligation de payer la cotisation syndicale de l’UPA pour recevoir un remboursement de taxes foncières agricoles de l’état.» de dire Benoit Girouard et ça semble la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour le président de L’Union paysanne !
Comme on le sait, plusieurs programmes de l’État sont liés à l’obligation de payer une cotisation syndicale à l’UPA ou ses filiales pour ne pas perdre les subventions de dire L’Union paysanne. «Comment est-ce possible dans un état de droit et démocratique?» s’exclame Benoit Girouard.
«Des liens incestueux entre l’UPA et l’État» dit Girouard !
L’Union paysanne déplore qu’en 1972, le Québec ait donné le monopole de représentation à l’UPA. Benoit Girouard rappelle : «Ce cas est unique dans le monde agricole et cela a lentement dérapé, comme tout monopole, pour inclure des éléments de cogestion incestueux entre l’état et l’UPA. Le cas précis du Programme de crédit de taxe foncière agricole (PCTFA) est plutôt intéressant. En 1995, le ministre péquiste Marcel Landry a lié le soutien de ce programme à l’obligation d’avoir payé la cotisation syndicale à l’UPA. La bâtonnière de l’époque, Jocelyne Olivier, a même pris la peine d’écrire au ministre “Quelle autre association jouit d’un tel privilège? Dans ce contexte, cette disposition inusitée semble à la fois abusive et discriminatoire “. Une accusation sérieuse qui aurait dû faire reculer le ministre de l’époque, mais Marcel Landry était en fait… un ex-employé de l'UPA.» conclut-il.