Plus d’un tiers des agriculteurs en France se disent floués par l’Union européenne et disent vouloir voter aux prochaines élections présidentielles pour Marine Le Pen, la présidente du Front national (FN), rapporte BFMTV/RMC. À titre d’exemple, Yohann Quesnel, éleveur dans la Manche, rencontré par BFMTV/RMC au Salon de l'Agriculture de Paris, se dit «sûr et certain» de voter cette fois pour Marine Le Pen.
Si Marine Le Pen a été la première candidate à la présidentielle à se rendre au Salon de l'Agriculture de Paris, elle semble être aussi la première dans le cœur des agriculteurs. Plus du tiers (36%) des agriculteurs songeraient à voter pour elle, selon une étude CeviPof publiée le 16 février dernier.
La candidate du Front national séduit de plus en plus chez cet électorat, historiquement habitué à voter pour la droite traditionnelle. «Depuis quelques années, le FN parle des mondes ruraux, et sans doute que son discours sur les “oubliés de la mondialisation“, sur ceux qui travaillent dur résonne aux oreilles du monde agricole», a expliqué aujourd’hui sur les ondes de RMC, Joël Gombin, spécialiste du vote FN.
Il explique aussi que la droite traditionnelle s'est pas mal détournée du monde rural pour des raisons démographiques. Aujourd'hui le vote des agriculteurs pèserait très peu dans l'électorat et ce n'est pas de cela dont dépendrait la victoire de Marine Le Pen, mais le Front national aurait vu dans le monde agricole une niche dont il pouvait se saisir".
«On est au bord du précipice», Yohann Quesnel
Le producteur Yohann Quesnel, éleveur, fait partie de ceux qui se sentent attirés par Marine Le Pen. «Je n'ai pas voté en 2007 ni en 2012, mais là je vais voter Marine Le Pen, c'est sûr et certain. Il faut y croire parce qu'on a plus le choix. On est au bord du précipice et ce précipice se rapproche. Le Salon c'est une belle vitrine pour nos produits, mais derrière cette façade se cache un malaise social énorme.»
Et selon les experts approchés par BFMTV/RMC, pour les agriculteurs qui refusent le vote frontiste, la droite n'est plus un choix évident et la moitié des agriculteurs envisageraient tout simplement de ne pas voter à l'élection présidentielle.