Le Parlement européen s’est prononcé ce mardi pour l’interdiction d’ici cinq ans du glyphosate à la veille d’une décision que doit prendre la Commission européenne sur le renouvellement de son autorisation pour dix ans a indiqué ce matin l’agence Reuters.
La France a dit qu‘elle voterait contre le projet et le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, s’est prononcé pour une prolongation de l’autorisation du pesticide pour trois ans, le temps de développer des solutions alternatives pour les agriculteurs. On sait que le ministre de l’Agriculture français, Stéphane Travert a lui un horizon plus proche de la volonté de l’Union européenne.
Dans une résolution adoptée par 355 voix contre 204 et 11 abstentions, le Parlement européen demande à la Commission européenne de retirer sa proposition voulant interdire le glyphosate dans dix ans en l’accusant d’abus de pouvoir et de méconnaissance du principe de précaution de préciser Reuters.
Le parlement européen exhorte la Commission européenne à«adopter les mesures nécessaires à l’élimination progressive de la substance active glyphosate dans l’Union européenne d’ici au 15 décembre 2022» rappelle Reuters.
Pour l’utilisation du glyphosate à des fins non professionnelles, le Parlement demande qu’elle soit interdite dès le 15 décembre 2017.
Reuters rappelle qu’il est reproché à la Commission européenne de ne tenir compte que de l’avis de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments), favorable au produit de la firme Monsanto, et non de celui du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une agence des Nations Unies, qui l’a classé comme “probablement cancérogène”. (voir autre article sur les conclusions possiblement falsifiées).
Les fédérations européennes des agriculteurs dits conventionnels, estiment ne pas pouvoir se passer à court terme du glyphosate et visent un réautorisation de celui-ci pour 15 ans. Elles prétendent que l’interdiction du glyphosate menacerait l’approvisionnement en denrées alimentaires.