
Dans un monde tourmenté économiquement et politiquement, tout est à craindre selon les dernier rapport de FAC (Financement Agricole Canada).
Le Canola dépendant de la Chine et des États-Unis
Il va falloir surmonter les prochaines barrières commerciales pour le canola mais le rapport dit «L’enquête antidumping de la Chine et une récolte canadienne de canola moins abondante que prévu alimentent l’incertitude sur le marché du canola en 2025».
Toutefois actuellement grâce à la Chine (qui représente plus de 75 % de l’ensemble des expéditions), le rythme des exportations est en avance de 10 semaines sur le calendrier dit la FAC. «Même avec un ralentissement attendu de la Chine, le Canada n’aura besoin d’exporter que 3 millions de tonnes de canola supplémentaires pour atteindre l’objectif d’exportation d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) de 7,5 millions de tonnes en 2024-2025».
FAC craint toutefois que l’enquête antidumping de la Chine est plus susceptible d’avoir un impact sur les exportations de 2025-2026.
Un facteur intéressant à prendre en compte dans le cas du canola est la demande en huile, dont le prix est actuellement concurrentiel par rapport à d’autres huiles végétales, dont l’huile de soya.
«À ce jour, l’huile de canola a trouvé une place dans les programmes de biocarburants aux États-Unis, mais l’incertitude entourant les particularités des politiques gouvernementales et relatives aux biocarburants des États-Unis pour 2025 laisse ce marché dans le flou.» déplore tout de même les économistes de FAC.
Baisse du cheptel bovin, hausse du prix de la viande
La FAC explique dans son rapport sur les perspectives 2025 que le cheptel bovin canadien a atteint son niveau le plus bas en 30 ans l’an dernier, et que lorsque les données du 1er janvier 2025 seront publiées, «on s’attend à ce qu’il soit à nouveau réduit, malgré une autre année de prix excellents, voire records, pour les bovins».
On apprend même qu’en 2024, près de la moitié des bovins abattus au Canada et aux États-Unis étaient des génisses et des vaches, (…) ce qui entraînera un déclin du cheptel au début de 2025. Et comme pour que le cheptel commence à croître en un an, il faut que les vaches et les génisses représentent moins de 47 % de l’abattage, attendez-vous à ce que vos barbecue coûtent encore chers cette année pour les amateurs de bœuf.
Et le lait ?
Le prix pondéré du lait pourrait-il varier en 2025?
Selon FAC : «En novembre 2024, la Commission canadienne du lait (CCL) a annoncé une très légère baisse (-0,02 %) du prix du lait à la ferme en 2025. Cependant, le prix pondéré moyen n’est pas entièrement établi en vertu du système de gestion de l’offre. Une proportion d’environ 11 % de la matière grasse (en poids) est destinée aux produits de la classe 5, une catégorie de lait dont tous les composants sont déterminés par les prix américains (le prix des solides non gras dans certains produits de la classe 4 est également déterminé par les prix américains). Le prix de la poudre de lait écrémé a commencé à augmenter au cours du deuxième semestre de 2024, ce qui a légèrement stimulé les prix pondérés moyens au Canada.»
Le prix du lait ici dépendra des États-Unis
FAC explique que L’USDA projette que le prix de la poudre de lait écrémé aux États-Unis atteindra en moyenne 1,30 $/lb en 2025, ce qui représenterait une augmentation de 5,4 % par rapport à 2024, mais que ce prix est assujetti aux forces du marché et qu’il pourrait augmenter ou diminuer au cours de l’année.
L’analyse de FAC détermine «qu’une variation de 10 % du prix du lait de classe III modifie le prix pondéré du lait moyen de 0,5 %, toutes choses étant égales par ailleurs. Par conséquent, si les producteurs espèrent une augmentation des prix en 2025, celle-ci devra provenir d’une hausse des prix du lait aux États-Unis.»