Négocier la gestion de l’offre c’est NON, la réformer, OUI…pour éviter la folie destructive!

Plusieurs s’inquiètent de l’avenir de la gestion de l’offre avec la guerre tarifaire que l’on subit de la part de nos voisins Américains. Plusieurs ont peur qu’elle soit sacrifiée au profit d’exemption de droit de douane dans d’autres secteurs. Cela aurait pu être vrai dans une négociation normale de renouvellement de l’ACEUM avec des partenaires crédibles. Malheureusement, un des partenaires, les États-Unis, n’est plus crédible. Pour toute négociation, avec l’imposition unilatérale de droit de douane, ils ont déchiré de facto l’ACEUM et renié leur signature. De plus, la seule chose que Trump a démontré, c’est sa capacité à changer d’idée comme on change de chemise. Alors pourquoi donner quelque chose aux États-Unis dans une négociation quand on sait que le risque qu’il ne respecte pas leur parole est très élevé.

À ce stade-ci, nos relations commerciales avec les États-Unis sont dans une phase de destruction en règle orchestrée par le président Trump. Il serait illusoire de penser que dans le cadre d’une négociation que l’on puisse obtenir quelque chose de fiable, même en donnant la gestion de l’offre. Toutes concessions faites actuellement seraient un cadeau pur et simple.

Une renégociation de L’ACEUM, mauvaise idée M. Legault

Marc Carney comme premier ministre du Canada l’a bien dit : les États-Unis ne sont plus un partenaire fiable. Il est d’ailleurs surprenant que certains premiers ministres dont celui du Québec demande une renégociation de l’accord commercial avec les États-Unis. Je pense que c’est précipité et mal avisé.

Actuellement on ne peut que protester devant l’ampleur de la destruction qui aura lieu des deux côtés de la frontière et prendre note de ce qui fait réellement mal aux Américains pour avoir éventuellement quelque chose à négocier et à échanger.

La gestion de l’offre menacée à l’interne

Même si la gestion de l’offre n’est pas présentement menacée, ou du moins ne devrait pas l’être, dans le cadre de l’actuelle guerre commerciale, elle l’est à l’interne. Les relations entre le transformateur et les producteurs sont de plus en plus difficiles, plusieurs transformateurs affirment ne plus trouver leurs comptes dans ce système, d’autres trouvent toutes sortes d’astuces pour la contourner et importent des sous-produits à bas prix quand l’offre mondiale le permet. Le prix des quotas crée un surendettement pour les fermes qui veulent grossir, et rend pratiquement impossible la relève non apparentée. La gestion de la gestion de l’offre est de plus en plus difficile, la place du gestionnaire est de plus en plus inconfortable et la gestion se judiciarise, rendant le tout plus complexe et moins efficace.

Les quotas devraient être une solution pour la relève

Le système de gestion de l’offre devait lorsqu’il a été créé stabiliser les marchés afin d’amener la prospérité auprès de l’ensemble de la filière et sécuriser un approvisionnement de qualité au consommateur. Le système devait aussi s’autofinancer sans l’intervention monétaire de l’État. Pour cela, on a mis des barrières tarifaires aux frontières et des lois au Canada pour encadrer le tout. Le système a été un succès, il a très bien fonctionné, même peut-être un peu trop bien, car cela a amené une classe de producteurs et de transformateurs à protéger leurs acquis qui ont fait leur prospérité au détriment de réformes nécessaires à la survie à long terme de la gestion l’offre. La capitalisation et la monétarisation du Quota surendettent les entreprises en croissance ou en relève, pourtant les quotas devraient être une solution pour la relève.

La productivité avant la qualité, comme l’a démontré le Buttergate

Le système devrait être un moteur dans l’offre d’un produit de très grande qualité, les niveaux de prix imposés aux consommateurs le permettent. On offre un bon produit au consommateur, semblable à ce qui se fait ailleurs, mais sans plus, pourtant avec notre système de gestion de l’offre, un des meilleurs systèmes au monde (n’ayons pas peur de le dire) on serait en mesure d’offrir les meilleurs produits au monde à nos consommateurs, mais trop souvent autant de la part de nos producteurs que de nos transformateurs, on privilégie la productivité (le profit) à l’amélioration de la qualité, le Buttergate a été un bel exemple.

Réformer avant la folie destructive

Pendant que notre voisin américain s’occupe à saboter l’économie nord-américaine, nous devrions en profiter pour améliorer et renforcer nos systèmes économiques performants, la gestion de l’offre fait partie de ceux-ci, mais pour cela il faudra peut-être procéder à quelques réformes qui risquent de mettre à mal quelques acquis, mais ce sera toujours moins douloureux qu’un abandon à la folie destructive comme on assiste présentement.

 

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